Un jour de décembre au Teatro dal Verme …

 

 

Avant de vous emmener par les airs vers un pays résolument exalté et romantique, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à m’offrir ce fabuleux séjour en Italie et à me faire vibrer en live avec la musique inégalable, fascinante, déchevelant les étoiles du ciel, de Ludovico Einaudi, lors d’un de ses concerts qui avait lieu à Milan le 14 décembre, au Teatro dal Verme.

C’est ce cadeau, cet instant purement fantasmagorique, que j’ai en effet choisi par le biais de vos délicates intentions déposées, directement ou indirectement, dans ma boîte à rêves.

Mes soixante printemps écloront d’extase à jamais à travers les fleurs uniques de ce sublime sentier emprunté …

Encore merci, magistralement merci …

 

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Merci également de demeurer indulgents avec la qualité photographique des images qui vont suivre, mon inséparable Lumix ne m’ayant pas accompagnée cette fois-ci, pour d’évidentes raisons pratiques …

Je n’ai emporté qu’un simple numérique de poche dont l’objectif n’a pu rattraper dans son excellence son confrère Leica !

Le récit, je l’espère, comblera ce manque …

 

*******

 

 

Il avait neigé sur la région quelques jours auparavant, le sol en avait conservé l’empreinte. Je la contemplais, nostalgique,  comme l’on découvre à travers bois la trace d’une louve que l’on aurait aimé voir, rencontrer …

 

 

 

 

 

Sept heures du matin, l’église de Malpensa a une voix magnifique ! 

Les cloches jouent une mélodie ressemblant à une sortie de mariage, sans doute  celui du matin avec l’hiver …

Nous avons peu dormi, le système de ventilation du chauffage avait le souffle d’un train fou dont on ne peut maîtriser les commandes, mais ce chant irréel rajustait tout, venait se poser sur nos oreilles avec la splendeur éthérée d’un miracle !

 

 

 

 

 

Nous ne pourrons prendre la navette de neuf heures, déjà bondée.  Le temps d’entrer dans la petite église, toute vêtue de fresques d’anges et de lueurs d’aquarelles, nous sera ainsi offert …

Les suspensions qui flottent par-dessus l’autel nous ramènent au grisant souvenir du botafumeiro  …

A un moment donné de ma méditation, un écho sourd se fit entendre, à la manière d’un gong magique. Je me trouvai soudainement projetée en plein coeur du roman de Victor Hugo “Notre Dame de Paris ” !

 

 

 

 

La navette nous déposera devant l’aéroport Terminal 1, d’où nous prendrons le bus pour un trajet d’une heure jusqu’au centre de Milan.

En chemin, les montagnes enneigées au loin ont les fossettes joyeuses du Frioul de mon enfance …

Je vous laisse les imaginer, noblement drapées de blanc, le bus allait trop vite pour me permettre de les cueillir en image !

 

C’est une “Italie à la sauvette” (pour reprendre précisément les termes de mon “infiniment téméraire” coéquipier de vie !) que je redécouvre, qu’il découvre pour sa part.

Deux jours, c’est très peu, un après-midi d’errance tout au plus, entre les multiples trajets à effectuer . J’avoue qu’il faut être un peu fou, voire déraisonnablement épris,  pour donner tant d’énergie dans le seul dessein de voir en personne Ludovico Einaudi poser ses mains de magicien sur son piano …

Mais que ne ferait-on pas par amour !

 

Les montagnes défilent encore, me replongeant à foison dans l’univers de mon enfance et d’une partie de mon adolescence, je savoure cette apnée délicieuse …

Me reviennent en mémoire  la vieille “nonna” dont la barbe piquait et sentait le foin, qui me donnait des pommes au four enroulées dans un pan de son tablier noir, les majestueux cyprès, combien leur senteur était entêtante sous le soleil, le vin chaud des soirées à la guitare …

Qu’il me sera toujours cher ce village que je parcourais en vélo, de long en large, mains absentes du guidon, bras flottants, une position qui me semblait alors être la plus confortable pour respirer sensuellement l’air, n’en perdre aucune particule de bonté !

Nous traversons de longues avenues, rares y sont les fenêtres sans balcon, véritable identité dans les pays méditerranéens.

 

Un taxi nous amène au London Hôtel sur un air d’opéra …

La rue a des accents de Puccini dans “Madama Butterfly”, nous la laissons nous étreindre de sa volupté !

 

Viens, viens,  prends ma main !

 

 

 

“Al Cantinone”, ce mot nous plaît, car il contient le mot “cantine” et sa devanture sent le terroir …

Chianti, polenta et euphorie seront au rendez-vous !

Paroles, gestes, échanges, ondulent dans l’air en flots passionnés, et je découvre, rassurée, que rien n’est bien loin des racines ancrées à l’humus de ce pays, qui sont la frénésie et le coeur !

Je retrouve en rêve mon grand oncle, d’après l’histoire qui me fut contée, jubilant d’impatience en débarquant sur le quai de gare avec sa brouette de ferraille qu’il baptisait la plus belle du siècle  …

Je le retrouve et me retrouve au coeur de ce pays où l’insensé a un visage des plus charmants, où  les émotions s’adonnent à l’un des plus étonnants feux d’artifice humain qu’il soit donné !

 

 

 

 

La rue est tout à la fois un orchestre, un théâtre, une foire aux personnages, du plus tendre au plus farfadet …

 

 

 

 

Il fait un froid sec qui saisit au vif, il a la nature de ses gens. On l’accueille comme un bienfait, l’écho d’un applaudissement, une écume fraîche sur nos pieds nus …

La rue regorge de pigeons presque autant que de passants …

Ces vagues de sons, ces voix, ces rires,  au coeur de l’hiver, ont un réel goût de marrons chauds !

 

 

 

 

Par endroit, la rue devient même … la plus précieuse des dentellières !

 

 Le Duomo, la troisième plus grande église du monde !

 

 

 

Je n’ai jamais autant heurté de bordures de trottoirs, autant évité des vélos de justesse, je n’ai jamais été autant dans les nuages !

Ici, à chaque pierre, on entend une source, un incantateur murmurer …

A chaque mèche végétale qui dégringole, on imagine un violon déchaîné …

 

 

 

 

Sur les ruines d’une citadelle, un duc construisit une forteresse au xv ème siècle, il s’appelait Francesco Sforza et donna d’ailleurs son nom au château …

Il en avait des rêves de chevaliers dans la tête !

Pour l’heure, les miens sont de grenat et d’ocre, parant des murets de verdure, entre soleils égyptiens et musique d’ailleurs …

 

Pour les yeux d’une sirène !

 

 

 

 

Il lui parle des jardins de naguère …

Elle lui offre, en guise d’éclat de rose, un furtif baiser dans le cou …

 

 

 

Depuis, le banc en est resté indubitablement poète !

 

 

 

 

 

En repartant, nous croisons un grand-père, il “nonno” entouré de ses petits-enfants …

Que leur conte-t-il ?

Des histoires d’oh et de fée-haie-rit …

 

 

 

On dirait qu’ils l’écoutent, sagement, puis s’endorment dans son giron …

 

 

 

 

Vers 17 heures, après avoir bien erré, nous décidons de faire une sieste d’une heure, mais je ne parviens pas à dormir, tout en moi palpitant de hâte et de fébrilité !

Nous sommes à trois minutes du Teatro dal Verme, ce grand moment tant attendu, son aura est trop proche …

Et j’écris, j’anticipe , ces mots en regardant la fenêtre ” Cette nuit, même si toutes les lumières devaient s’éteindre, la clarté du ciel parviendrait jusqu’à moi à travers mes rêves et le resplendissement de mes souvenirs de concert !”

La lumière se maintenut  mais la nature de mes souvenirs n’en fut pas moins grandiose …

 

 

 

 

 

 

Il est un peu plus de 19 heures lorsque nous franchissons le seuil du teatro , étincelant sous son manteau bleu du soir …

On nous fait attendre un peu avant d’entrer dans la salle puis nos pas l’effleurent enfin.  Si, au cours du concert, deux morceaux m’ont fait couler de vraies larmes sur les joues, c’est sans doute le moment où je pénétrai dans la salle qui me causa le plus d’émotion, même si celle-ci demeura invisible !

 

 

 La salle ici représentée au tiers de son ampleur. Elle fut comble !

 

 

 

Il est venu s’asseoir telle une ombre, quasi évanouie dans le décor, dos au public.

Il était là, effacé mais prodigieusement vivant, à la façon d’un chef d’orchestre, levant la main à la fin de chaque interprétation, avec une élégance princière, faisant de chacune de ces fins un envol prestigieux par sa rareté, son impact laissé sur le silence …

Chaque morceau musical semble être une scène d’amour qu’il termine apaisé de son désir, d’une jouissance aérienne. Sa main levée devient alors plume d’ange, aile d’albatros, fleur d’Albizia !

Vous décrire ce concert m’est une tâche bien délicate, voire périlleuse dans la crainte de le dévaluer, les concerts d’Einaudi ne peuvent être retranscrits de quelque manière que ce soit, il faut tout naturellement, tout intimement les vivre …

Chaque instrument tour à tour se fond ou s’écartèle, est souffle d’eau ou tremblement de terre, orage ou perle de brume … 

Sûrement nés d’une histoire d’amour entre l’inattendu et le réel, on ne sait pas toujours d’où ces instruments proviennent !

Il y avait en effet ce soir-là un instrument qui ressemblait à une cage à oiseaux que le musicien frôlait à l’aide d’une baguette, insolite baiser …

Il y avait aussi, posés par terre, ces bols en porcelaine remplis d’eau et amplifiés par des hydrophones plongés à l’intérieur  …

Tomoko Sauvage est la musicienne des gouttes, des vagues et des bulles qu’elle fait résonner avec ses doigts sur l’eau, tout un monde expérimental et d’intonations mystiques. Parfois, il lui suffisait de suivre le pourtour d’un  bol, toujours avec le doigt, pour créer une divine alchimie.

Hors norme fut encore le frisson qui jaillit des mains du violoncelliste, lorsqu’il ne fit rien d’autre que caresser ses cordes, laissant simplement glisser ses mains de haut en bas …

Et le spectacle, en arrière plan, sur l’écran, fut de la même veine artistique et émotionnelle !

 

Il émane une sorte d’allégeance dans la manière qu’a Ludovico Einaudi de saluer son public ;  il se courbe en serviteur, penchant humblement la tête, comme entièrement fidèle, obéissant à l’âme de sa musique, dont il se veut n’être que l’infime élément, l’ébauche, la silhouette ….

 

 

 

 

Nous n’avons fait que deviner ses mains sur le piano, mais les notes qui s’en échappèrent eurent l’effet du Zéphir sur notre peau …

Et puis les premières fois, car c’était bien la toute première fois que nous assistions à un concert d’Einaudi, laissent toujours un goût d’inoubliable !

 

Ludovico Einaudi est, à mon sens, et je ne dois pas être la seule à le ressentir ainsi,  un génie. Ses musiciens sont des génies …

Cette musique est un véritable joyau de l’univers !!!

 

Et afin que vous puissiez continuer à rester enveloppés dans la magie de ce voyage, je vous offre un lien  ICI 

(il s’agit de l’un de mes concerts préférés, proposés par You Tube).

Ayant pour habitude de changer de musique à chaque nouveau billet, je vous mets également le lien du concert, complètement magnifique, qui passe actuellement sur mon lecteur de blog , c’est ICI

Je n’ai trouvé nulle part un quelconque enregistrement du concert auquel nous avons assisté, désolée !

 

 

Nous avons quitté Milan, légèrement enrobée de brume, pour aller prendre le train jusqu’à l’aéroport Terminal 2 …

Mon coéquipier de vie, qui m’a suivie dans cette aventure, n’en aura emporté que des pleins sacs de rêve, d’enchantement et de plaisir …

Et, bien sûr, je partage ample-aimant ses sensations !

 

 

 

 

Et comme, très souvent, le voyage garde en mémoire nos attentes, pour nous les servir sur un plateau sans crier gare …

Contemplez ce qui suit, à l’arrière des nuages  :  la montagne !

 

 

 

 

Merveilleux Noël à toutes et à tous,

dans l’infime joie des choses et la fraternité !

 

Sans oublier ceci …

”  de croire toujours éperdument en vos rêves !!!  “

 

 

 

19 réponses à Un jour de décembre au Teatro dal Verme …

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Drôle de poète photographe

sans bible ni bandoulière,

juste art-rimée au temps

par l'espiègle agrafe

de la magie de l'air ...

Cueilleuse de gouttes d'oh

hissée de bâts en haut,

je tisse images et mots sensibles

au doux lin de l'invisible ...

Coéquipière de l'instant,

je le pense, il me panse,

je le suis ...

Messagère du TANT

je suis !

 

 

 

papi sabine

Cil-anse ....il dort !

 

Emue par…

 

Le voyage...

celui qui démunit autant qu'il enrichit,

qui détourne la pluie en rires

et fait de notre coeur

le plus fervent des poètes

sans même composer de mots !

 

Sabine

ou SAB-Lyse.

 

A la mare-aile ….

 

Viens avec tes mots-fleurs

tes mots-coccinelles ...

 

Je t'invite

à la craie maille-air

de ma maison au TOI d'or

y vivre d'amour 

et d'OH  frais,

raison à l'envers

folie à l'endroit !

(Sabine)

Pour me suivre pas à pas

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coeur Sabine

 

A-t-on appris un jour à voir resplendir nos silences,

à être les peintres romanesques de nos ciels gris

ou à faire jaillir des rivières enchantées entre les pierres de nos coeurs en ruines ?

Non, bien sûr que non !

Cet art est en nous ...  (Sabine)

 

Mille et une fontaines pour demain !

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