En allant rire dans nos jardins …

 

Je dédie ce conte, que je viens de composer, à tous ceux et celles qui ont perdu espoir
ou sont sur le point de le perdre …


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Un jour qu’il se lamentait sur son triste sort, avec cette étrange sensation d’avancer dans le vide,
l’hiver se décida à quitter sa tanière solitaire et s’en alla voir son voisin l’automne, dont il entendait souvent au loin les cascades de rires …

“Dis-moi, gentil gai luron, pourquoi le temps ne s’acharne-t-il pas sur toi ?

Moi, il me fait ployer comme un vieillard et ne me laisse même pas le moindre oripeau pour me vêtir
!

A toi, il n’a rien enlevé ! Il t’a laissé du rouge aux joues, des étoiles dans le fond de tes pupilles et
des senteurs de bois sur ton coeur …

Et, tu en fais des farandoles et des farandoles, je t’entends souvent, mais où trouves-tu toute cette
énergie ?

Le temps semble t’ignorer !”

“Le temps m’ignorer ?” répondit l’automne à la fois surpris et quelque peu amusé !

“Mais il a bien tenté, moi aussi, de me prendre dans ses filets et me réduire à néant mais
…je ne l’ai pas écouté !

Si tu as su entendre mes farandoles, as-tu su également tendre l’oreille au vent, à ce vent
ravageur qui cherche sans répit à décoiffer mon âme, qui sans cesse entre le gris et le bleu me ballotte pour me désorienter. Et crois-tu que mon coeur ne devrait pas saigner, lui aussi,
lorsqu’il voit tous ses rires un à un quitter le nid, pour aller s’étendre sur un sol mouillé …

Mais, vois-tu, j’ai toujours su garder en moi une réserve de bonheur !

Et, sais-tu où elle se trouve ? Dans une jolie boîte…

Je l’ai fabriquée avec des brindilles d’espoir, que j’ai assemblées une à une, et y ai
collé une belle étiquette afin de ne jamais la perdre de vue, où j’ai inscrit ces mots : Mes Rêves d’enfant.

Alors, ce vent, je l’ai pris à son propre jeu, le désarmant à mon tour !

Je lui ai parlé un autre langage, je l’ai en quelque sorte apprivoisé

Il fut si heureux qu’il fit danser à nouveau mes rires et il déploya pour eux de longs
tapis châtoyants où des ribambelles de garnemans vinrent courir et des promeneurs romantiques réchauffer leurs pas.

 Comme je te l’ai dit, j’ai toujours conservé mon âme d’enfant et, entre deux lourdes
averses, je ne m’ennuie jamais …

Je continue à dessiner avec des crayons de couleur, à faire des cabanes et croquer des
colliers de bonbons …Il te suffit de contempler cette vie dans ma demeure !

Le bonheur rend artiste, tu sais …Si tu veux, je peux te montrer !”

L’hiver, toujours un tantinet méfiant, accepta toutefois de rester quelques
jours.

Puis, il s’en retourna, à la fois émerveillé et craintif !

Toutes ces splendeurs qu’il avait vues chez son voisin l’automne, bien sûr, lui avaient
donné envie, mais il pensait déjà intérieurement que ses pauvres mains et son pauvre corps tout entier allaient fatalement se geler, et où puiserait-il alors assez de force pour construire tout
ce bonheur ?

Car, il s’appelait “Hiver”, ne l’oublions pas, et n’était-il pas irréfutablement voué au
froid et à une sinistre poésie ?

Mais, si l’automne avait su convaincre le vent, il avait su aussi effleurer de ses doigts
couverts de baume les plaies de son triste voisin !

Alors, jour après jour, l’hiver se mit à l’ouvrage. Au début, il fut délicieusement gauche
puis, petit à petit, il réussit à tisser, sculpter, modeler, peindre chacune de ses peines.

Oh ! cela lui avait bien pris un certain temps, mais le résultat n’en était pas moins
prodigieux !

Il avait coiffé les grottes de grâcieux cheveux de laine, et les branches des sapins de
chapeaux rigolos…

Les
près, qui jadis se lamentaient, étaient tous les jours à la fête sur
 les longues nappes blanches qu’il avait
imaginées et d’où les arbres devenaient de sublimes chandeliers …

Des flocons il avait fait des germes de dentelles faisant naître l’enchantement, et des
grands  lacs de beaux miroirs de glace afin que le ciel puisse y faire glisser son regard à l’infini …

Au fur et à mesure qu’il inventait, qu’il “se” réinventait, il approchait de l’émotion et
tout en lui se parait de lumière …A ce point qu’il attira auprès de lui le printemps !

Le printemps n’avait pu passer à côté de ce paysage rare sans le voir

Ils firent ainsi connaissance et, tellement bien ensemble en dépit de leurs différences,
ils en oublièrent les heures et le temps, échangeant un peu de leur univers, des mots, des secrets et même leurs tourments.

Le printemps repartit, fou de joie, et, pour remercier son ami, lui offrit de somptueuses
écharpes de feuillage et de fleurs afin qu’il n’eût plus jamais froid.

L’hiver n’était plus seul à présent, entre l’automne et le printemps
 …

Mais, les rires entraînent d’autres rires et, bientôt, ce fut le soleil qui vint frapper à
sa porte, et il le fit sans vergogne !

Il se présenta, il portait un nom aussi vif que l’éclair “Eté” !

Il était d’ailleurs arrivé un peu comme un orage mais l’hiver, dieu merci, s’était défait
depuis longtemps de sa carapace de “misanthrope aigri” !

Il l’accueillit donc à bras ouverts. Il fut vite transfiguré par cet être enthousiaste et
passionné, à qui il arrivait même de verser des larmes d’allégresse, faisant scintiller toutes les eaux de la terre …

Il occupait ses jours à accrocher des rubans d’or de ci de là …C’était sa façon à lui de
dire “Je t’aime” au monde entier !

L’hiver écouta ce “grand voyageur de l’Amour” et, au fur et à mesure qu’il se laissait
bercer par ses paroles, ses yeux devenaient îles, ses bras ailes d’albatros, et ses lèvres de fraîches rives d’où l’on pouvait boire la vie à s’ennivrer …

Mais l’été racontait si bien que l’hiver s’endormit !

Devant son visage d’ange radieux, l’été se hissa sur la pointe des pieds, laissant l’hiver
voguer à sa guise et être enfin maître de son propre voilier …

Mais, avant de partir, il lui déposa sur un coin de sa mémoire ce petit mot
:

“A très bientôt” 

 

                         
      Sabine.


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Drôle de poète photographe

sans bible ni bandoulière,

juste art-rimée au temps

par l'espiègle agrafe

de la magie de l'air ...

Cueilleuse de gouttes d'oh

hissée de bâts en haut,

je tisse images et mots sensibles

au doux lin de l'invisible ...

Coéquipière de l'instant,

je le pense, il me panse,

je le suis ...

Messagère du TANT

je suis !

 

 

 

papi sabine

Cil-anse ....il dort !

 

Emue par…

 

Le voyage...

celui qui démunit autant qu'il enrichit,

qui détourne la pluie en rires

et fait de notre coeur

le plus fervent des poètes

sans même composer de mots !

 

Sabine

ou SAB-Lyse.

 

A la mare-aile ….

 

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raison à l'envers

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(Sabine)

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A-t-on appris un jour à voir resplendir nos silences,

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Cet art est en nous ...  (Sabine)

 

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