Chabrol, tu nous contes ?

 

 

Au bal des citations, nous danserons aujourd’hui avec la lettre C !

Avec elle, quel mot vais-je prendre par la main ?

J’aurais pu appeler le mot “Chemin” pour lequel, vous le savez maintenant, je porte une affection toute particulière !

Mais j’ai finalement choisi deux mots, deux valseurs inséparables (Vous en aurez deux pour le prix d’un, c’est Noël !) :

le mot “Conte”, (pas si loin du mot “Chemin”), et, pour l’illustrer, le nom de “Chabrol” cet  écrivain-conteur qui, par ses mots d’une authenticité si célestement insolite,  m’a fait aimer cette Cévenne avant même de pouvoir fouler son sol, de mes pas émus et respectueux, sur le Chemin de Stevenson …..

 

 

“Le conte révèle toujours une partie vivante de nous …Enfouie, dont les mots restaient hermétiquement muets dans le livre de notre vie. Réveillée, par une vérité qui nous fit un jour écho, devenue retentissante comme l’eau vive d’un ruisseau …”      (Sabine)

 

 

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Quelque part, près de ma demeure …

 

 

“Suivre Chabrol dans sa Cévenne, c’est devenir un camisard de tous les sentiers du coeur …”  (Sabine)

 

 

En Cadeau (parce j’aime aussi le C du mot cadeau ….!),

je vous offre quelques extraits du roman “Les rebelles” de Chabrol, tantôt drôles,  ou pathétiques, mais toujours si foncièrement humains !!!

Ce sont …

Des visages, des instants, dans l’intimement vécu, en chair et en os,  qui nous font entrer dans le ventre des choses et le plus pétillant de l’émotion. 

De simples événements mais qui, par le charme de leur parfum, inspiré de l’éternel, me font vous les proposer en “petits contes pour Noël”

(Les photos qui vont suivre et viennent en illustration ou en “méditation”, je les ai toutes prises sur le Chemin de Stevenson, non pas dans le village évoqué ici dans le livre, mais dans le merveilleux village de St Germain-de-Calberte qui fut, en quelque sorte, la “révélation” de notre chemin.)

 

Ces quelques extraits, les voici, pour vous !

 

 

” Dès les premières  chaleurs, on se tient sur la terrasse du mas, au-dessus du Luech, notre rivière fatiguée qui ronchonne contre ce soleil. On entend aussi les abeilles, parce qu’il y en a toujours quelques-unes pour venir rôder autour des hommes. Il n’y a pourtant rien à butiner et c’est plein de fleurs autour, mais c’est ainsi, chez nous, elles aiment les gens, les abeilles. On entend aussi le vent,  pas la tramontane qui est dure, mais l’anguiélas qui est doux et troublant, avec ce roucoulement qu’il a pour caresser les antiques châtaigniers du Poljille. On entend aussi un chat qui ronronne pour les mêmes raisons que la rivière et le castanet.

On boit, pour finir, un verre de clinton.

C’est le pauvre vin de ceux qui n’ont pas de vignes, pas besoin de lui sacrifier une bonne barre à flanc de montagne, on la laissera pour la luzerne ou le jardin, le clinton se débrouillera toujours, c’est de la vigne haute, pauvre, robuste et rebutante. Pauvre au point d’être interdite, du raisin hors-la-loi, un vrai Cévenol ! Le verre de vin que tu tiens, ami, vient de la treille qui couvre la terrasse au-dessus de la rivière. Le clinton, avant de faire du vin, il fait de l’ombre, après, il allume le feu. Quand il sera mûr, il y aura sur notre tête d’assez belles grappes bleues comme la nuit, mais qui se défendent bien.  Malheïrous ! si vite que tu craches le grain picoré, tu iras te rincer la bouche.  La loi interdit de faire du vin avec ce raisin, nos mairies ont reçu des instructions pour l’arrachage de ces treilles.  Le misérable qui assassine son clinton reçoit une prime, de l’argent du gouvernement.”

 

Mais le clinton, envers et contre tout,  a toujours existé chez ces sacrés et attachants hors-la-loi !!!

 

Et quand le maître de maison en débouche une bouteille, écoutez ce qui se produit :

 

“de la terre au tonneau, en passant par les coordonnées de la vigne par rapport au soleil et au ciel, c’est souvent toute une année qui défile, avec ses gels, ses maux, ses naissances, ses drames, ses bonheurs, le mariage, la guerre ou la grève …Ce n’est plus du vin qu’on avale d’une lampée, au comptoir, en pensant à autre chose, ce serait même de la dernière goujaterie, de l’insensibilité, presque une insulte, tant il semble qu’on les tient alors dans le creux de sa main, ces peines et ces joies si humblement, si terriblement humaines …Ce n’est plus le vin qui fait les ivrognes …”

 

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Et sur les rêveries d’un instituteur …

 

” M.Doiren vit Jésus, le déserteur, qui passait et repassait devant l’école. Puis ce fut un panier de linge …en se levant de sa chaise, l’instituteur aperçut la belle Véronique, le panier sur la tête.  Elle lui rendit le salut en agitant son bras nu. Un moment après, il entendit son battoir, sous le pont. Jésus avait disparu. Vers le moulin,  un accordéon abordait timidement une nouvelle polka. C’était le Tarabastier qui se préparait pour le bal de dimanche. Alain Doiren ne put s’empêcher de sourire à tout ce bonheur …”

 

 

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La maison commune …

 

“La maison commune était, dans la pratique, la boulangerie-buvette-cabine téléphonique de l’Edemond.  C’était, de l’autre côté de la placette, une vaste pièce en contrebas de la rue. Il faut bien dire qu’à Clerguemort n’importe qui n’avait que le choix des raisons ou des prétextes pour descendre les trois marches de l’Edemond.  De la porte de la rue, on voyait, dans le fond : un comptoir avec une balance Roberval et un tranchoir à pain, une porte basse qui ouvrait sur la gloriette-remise dont le mur opposé surplombait la rivière ;  son portail, sur le côté, s’ouvrait assez largement sur la placette pour que les charrettes puissent reculer avec leur chargement de sacs de farine ; après la porte de la gloriette, il y avait le pan de mur qui coupait l’angle. C’était le four qui se prolongeait par une bosse à l’extérieur, sur la placette, près du portail de la remise. L’hiver, les hommes s’adossaient contre son mur bombé qui conservait toujours une agréable tiédeur.

Le centre de la pièce était occupé par deux longues tables de ferme et quatre bancs de même longueur. Sur le mur de gauche, un évier de pierre, un vaisselier, une lessiveuse d’eau (où les mineurs lavaient leur gueule noire) et une crédence complétaient la buvette.

Sur le mur de droite, un minuscule bureau-pupitre peint en noir, une étagère pour les annuaires et un téléphone mural à manivelle constituait ce que le calendrier des postes nommait pompeusement: “cabine publique et bureau des postes auxiliaire”.

C’était la seule salle spacieuse de Clerguemort, par là , le village était relié au monde par un fil, là il prenait son pain, là il trinquait.

Côté rue, le mur s’arrêtait au-dessus de la porte d’entrée. L’espace compris entre le plafond de la salle et le toit servait à ranger le bois pour chauffer le four ; les quatres vents le séchaient librement.  Comme la salle était en contrebas, le plancher de ce hangar ouvert n’était pas très haut.  Les gosses y accédaient facilement en se faisant la courte échelle.  Ils jouaient sans fin parmi les montagnes de fagots, les brassées de sarments et les sacs de pigne. Quand ils se laissaient aller à sauter trop fort, ils entendaient les cris furieux de l’Edemond, des buveurs et des clients qui recevaient des paquets de poussière.  Les gosses s’arrêtaient immédiatement parce qu’ils avaient creusé, entre les planches, un trou discret pour surprendre les conversations adultes et se tenir au courant de la vie politique et administrative de leur village. “

 

 

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Des figures inoubliables …

 

” Les deux frères Chapon,  le mineur et le boulanger, se ressemblaient comme deux pions adversaires d’un jeu de dames, un noir et un blanc. Le mineur ne parvenait jamais à se débarbouiller tout à fait de la dure noirceur du charbon,  le boulanger, jamais tout à fait de la molle blancheur de la farine, l’un apportait comme un peu du drame, du deuil de la mine, l’autre la tendresse et le sourire d’aise du pain chaud. Les deux frères s’entendaient parfaitement, ce qu’un étranger n’eût pas imaginé, ne les voyant s’adresser que des bouts de phrases rogues, le ton et le geste agressifs. “

 

 

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Emouvant !

 

” Le pays de mes rebelles n’existe plus.  C’est un espace romanesque qui répand le parfum perdu des puissantes armoires de jadis que l’on ne préservait pas des mites avec du poison, mais avec des sachets de lavande. ”   

                                                             (Jean-Pierre CHABROL)

 

Et moi, en le regardant, en l’écoutant, je dis, Jean-Pierre, que son âme subsiste toujours !

(Sabine)

 

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Entre le Pont-de-Montvert et Florac 

 

J’ai pu potasser ce “C” durant mon séjour à l’hôpital, comme quoi …il y a toujours un mal pour un bien !

 

 

Passez de Joyeuses Fêtes de Noël et …

N’oubliez pas l’autre, les autres, le monde qui vous entoure !

 

Je reviendrai vous souhaiter la bonne année.

Entre temps, je prends une pause …

 

Votre marchande de sable et …d’étoiles.  

 

 

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Drôle de poète photographe

sans bible ni bandoulière,

juste art-rimée au temps

par l'espiègle agrafe

de la magie de l'air ...

Cueilleuse de gouttes d'oh

hissée de bâts en haut,

je tisse images et mots sensibles

au doux lin de l'invisible ...

Coéquipière de l'instant,

je le pense, il me panse,

je le suis ...

Messagère du TANT

je suis !

 

 

 

papi sabine

Cil-anse ....il dort !

 

Emue par…

 

Le voyage...

celui qui démunit autant qu'il enrichit,

qui détourne la pluie en rires

et fait de notre coeur

le plus fervent des poètes

sans même composer de mots !

 

Sabine

ou SAB-Lyse.

 

A la mare-aile ….

 

Viens avec tes mots-fleurs

tes mots-coccinelles ...

 

Je t'invite

à la craie maille-air

de ma maison au TOI d'or

y vivre d'amour 

et d'OH  frais,

raison à l'envers

folie à l'endroit !

(Sabine)

Pour me suivre pas à pas

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coeur Sabine

 

A-t-on appris un jour à voir resplendir nos silences,

à être les peintres romanesques de nos ciels gris

ou à faire jaillir des rivières enchantées entre les pierres de nos coeurs en ruines ?

Non, bien sûr que non !

Cet art est en nous ...  (Sabine)

 

Mille et une fontaines pour demain !

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