Chemin de Stevenson

Sur le chemin de Stevenson : 1ère partie

 

 

 

De la même façon que pour mes autres récits, celui de Compostelle et dans
la rubrique « Voyages » celui sur notre séjour solidaire en Afrique, ce récit sur le Chemin de Stevenson constituera tout 
au plus deux ou trois longs billets. (les diaporamas commentés retraçant déjà par eux-même nos moindres
émotions).

Ce récit, je veux le réaliser dans la seule espérance de vous faire vivre et partager de
ce chemin les moments les plus touchants, magiques, nos révélations et aussi nos plus beaux rires …

 


Petite Préface …

 

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Ecrit au soir de mon second jour de marche

 

 « …l’inconnu que vous attendez n’aura peut-être qu’un simple bouquet de fleurs
sauvages dans le coeur, vous offrant un peu de son histoire…ou ne partagera la chaleur de vos murs qu’en y puisant la magie d’un silence au langage particulier !

La plus belle façon de respecter cet inconnu qui vient frapper à votre porte est sans doute
de ne rien attendre de lui …! »

 


————

Le mercredi 7 juillet 2010, Patrick mon compagnon, Lola notre fille et moi-même
reprenions les pas de Robert Louis Stevenson, écrivain écossais et grand voyageur, parti à pied à l’âge de 28 ans  du Monastier (en Haute Loire) à St-Jean-du-Gard traverser les Cévennes,
accompagné de « Modestine » une chétive ânesse…

     


Les émotions

 

Et je ne pouvais pas rendre mieux hommage à nos amis fidèles de la
gente animale, ( n’oublions pas « Modestine »), en commençant par les évoquer …

         voici
une petite histoire très touchante, que je n’oublierai jamais …


« Topaze…qu’y a t-il de plus précieux ? » !

 

Nous en étions à notre troisième jour de marche et arrivions au gîte de
Cheylard-L’Evêque en début d’après-midi. En attendant l’ouverture, il suffisait aux pèlerins de traverser la route pour aller se détendre dans un superbe jardin mis à entière disposition avec
chaises longues… Quant à la terrasse même du gîte, et comme je l’indique aussi dans mon diaporama , elle est l’image même du romantisme , un vrai « paradis de fleurs et de couleurs »
!

La dame du gîte, avec qui j’ai parlé et échangé des instants magnifiques durant une
bonne partie de la journée, m’a immensément émue par l’histoire de sa chienne « Topaze » …

J’aurai sans doute peu de mots pour vous la raconter comme tout ce qui bouleverse outre
mesure par sa grande beauté !

Ils revenaient alors de vacances, son époux et elle-même, lorsqu’ils aperçurent « Topaze »
(qui devait alors porter un autre nom) couchée dans la neige où elle s’était fabriquée un abri depuis plusieurs jours d’après le voisinage.  Topaze, de surcroît, attendait un heureux
évènement !

 J’ai perdu les infimes détails de ce qui les amena à accueillir et garder cette chienne (d’ailleurs …cette dame m’en a-t-elle bien
parlé ?) et n’ai retenu qu’une histoire d’amour gigantesque entre une femme et une chienne ! Une femme, jusqu’à là terrorisée par la gente canine au point d’avoir manqué plusieurs fois de se
jeter sous une voiture pour éviter un chien …

Sa peur n’avait pas totalement disparu, mais elle s’était atténuée au fil du temps et
ceci elle le devait à celle qu’elle baptisa d’un nom de pierre précieuse « Topaze », et …dieu sait s’il fut bien choisi !

Mais, au fait …que sont devenus les petits ?

Ne pouvant ni les garder ni les proposer, le nouveau maître les a amenés au vétérinaire.
Topaze n’a alors témoigné aucun signe de mécontentement ou de colère. Lorsqu’arriva le tour du dernier chiot, elle a simplement posé sa patte sur la main de ce nouveau maître (époux de la dame)
comme pour lui dire « laisse-moi au moins celui-ci » ! Il ne l’a pas fait et, depuis, regrette chaque jour cette décision …

Il est néanmoins et, au regard de Topaze, le maître vénéré et incontesté
!

Quant aux rapports que cette chienne entretient avec la dame…on pourrait presque
parler de « télépathie » car elles ne se quittent jamais !

C’est « Topaze » et personne d’autre qui l’aura aidé à gérer sa tétanisante peur des
chiens, tâche qu’elle continue de poursuivre avec la plus grande des dévotions, le plus inqualifiable amour …

 

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                                  » Topaze », délicieux mélange de labrador et berger allemand

Mais, comment en sommes-nous venus à de tels partages, de telles confessions ?  Ce
n’était pas notre compagne à quatre pattes qui nous accompagnait « Cannelle »  (comme on aurait pu aisément le croire) mais …une de mes erreurs d’appréciation !

Le premier jour de notre marche, nous avions croisé un jeune couple dont la jeune fille
était, elle aussi, paralysée de peur face à un chien !

Lorsque nous passâmes devant eux à la croisée d’un petit chemin, nous les vîmes garés
sur le côté, ils répondirent à notre chaleureux bonjour par de petits sons à peine audibles et la jeune fille s’était même retournée pour ne pas voir notre chienne. Nous nous sommes arrêtés un
peu plus loin pour analyser notre route et c’est alors que le jeune homme s’empressa de venir nous trouver, légèrement affolé, et il nous demanda si nous pouvions tenir notre chienne en laisse
lorsque nous marchions !

A sa façon d’expliquer les choses, j’ai compris qu’il nous demandait de tenir notre
chienne en permanence prisonnière sur ce chemin que nous voulions pour elle, nous accompagnant, aussi libre et aussi épanouissant que pour nous ! Je lui ai dit que ce n’était pas possible, lui
invoquant ma motivation …et, sans même attendre sa réponse, je suis partie …

En chemin, j’ai alors pensé que ce jeune homme était totalement insensé de vouloir
effectuer un tel périple en ne voulant rencontrer un seul chien …Et, à fortiori, dans cette campagne profonde où il n’était pas rare d’être accueilli par 3 voire 4 chiens par ferme et, parfois,
à chacun de nos pas !

Je me suis d’abord dit « ils seront bien obligés de s’habituer … » . Puis, nous nous
sommes sentis obligés d’accentuer notre cadence, de façon à les éviter. Patrick, quant à lui, ne s’était pas prononcé comme je l’avais fait, ayant toujours pour habitude de mieux analyser la
situation .

Petit à petit, la vérité est venue naturellement jusqu’à moi, me révélant que j’avais
réellement mal compris ….Ce jeune homme avait dû vouloir nous demander d’attacher notre chienne simplement en leur présence ! Mais oui…ça ne pouvait être logiquement que cela ! Ces gens
n’étaient pas totalement inhumains …Mais, moi, pourquoi ne l’ai-je pas compris de suite : la fatigue, le stress du 1er jour, je n’avais pas encore laissé toutes les chaînes de la vie
quotidienne en arrière …que sais-je ?

Alors, je n’ai plus marché qu’en pensant à eux, qu’en priant pour eux et qu’en …ayant
honte de moi !

Je n’ai plus marché qu’en souhaitant une seule chose : les rencontrer
!

Les sentant peut-être (sûrement même) dans ce gîte du Cheylard – L’Evêque, je ne sais
plus à quel indice, je décrivis ce couple à la dame du gîte qui nous confirma effectivement qu’un jeune couple correspondant bien à notre signalement était arrivé …Je lui racontais alors mon
histoire.

  Elle me répondit qu’il y avait de fortes chances pour que nous les rencontrions au repas du soir ; chose qui ne manqua pas
d’arriver puisque l’ensemble des pèlerins fut installé autour de la longue et même table.

Le repas était tout aussi merveilleux que l’accueil, je m’en souviens …Il y avait
vraiment de quoi être heureux et, pourtant …je ne l’étais pas !

Et, belle leçon du chemin (comme il sait nous en réserver) ce couple était assis,
c’était à s’en douter : à deux places de nous !

De toute la soirée, je parlais mais sans être là, j’essayais de rire mais sans le
moindre éclat …J’étais ailleurs, près d’eux, près de leur peur du lendemain, près de ma maladroite erreur !

Nous ne parvîmes pas à échanger quelquonque parole, ni même quelquonque regard …Ils
ont passé la soirée à discuter passionnément avec des pèlerins situés directement en face d’eux.

Puis, encore ivres d’une belle soirée, tout le monde est parti se coucher …Quant à
moi, je n’ai pas bien dormi !

La nuit aurait-elle porté ses plus judicieux conseils, je ne sais ! Mais, je me suis
réveillée avec la ferme résolution d’aller leur parler, leur expliquer mon ressenti et surtout …de leur demander pardon !

Quand nous avons regagné la table pour le petit déjeuner, ils n’étaient pas encore
levés, et ils ne le seront pas encore à la fin de notre repas.

Alors, j’ai pris une feuille de papier et leur ai écrit quelques mots d’amitié et de
pardon , je les ai déposés à leur place quand …ils sont arrivés !

Je n’ai plus exactement en mémoire l’ordre des choses mais j’ai retenu ceci : ce fut
merveilleux ! Merveilleux de pouvoir leur dire, leur expliquer, merveilleux de les serrer dans mes bras …ils étaient rassurés et c’est tout ce dont je souhaitais !

Je me souviens leur avoir dit que, d’ici la fin de leur périple, mon plus grand bonheur
serait que la jeune fille se laisse cajoler par Cannelle…

Nous avons appris par la suite qu’ils n’avaient pas continué, mais n’en connaissons la
raison.

Je suis repartie de cette salle en pleurant de joie…Merci  merci chemin de me les
avoir fait à nouveau rencontrer !

Dès lors, ils ont continué à occuper mes pensées et me faire invoquer à leur intention
des prières…

Le plus extraordinaire, dans l’histoire, est que nos retrouvailles avec ce couple
s’étaient faites ici …dans cet endroit même où une chienne donna toute sa vie, sa confiance et ses soins à un être humain !

 


A toi « Topaze » ,


la plus majestueuse des chiennes ! 

 


******

 

Le lendemain, nous nous dirigions vers la Bastide Puylaurent.

A une bonne dizaine de kilomètres de là , à « Luc » plus précisément, alors que nous
traversions ce village avant de nous rendre dans les illustres ruines de son château dominant l’Allier, une mamie qui taillait ses rosiers trouva belle notre chienne.

De fil en aiguille, elle nous raconta qu’elle avait eu une chienne épagneule. Quand le
compagnon de cette dame s’envola vers les cieux, elle continua à se promener dans les bois grâce à cette chienne . Et, lorsque de trop de tristesse elle pleurait, la chienne la léchait afin de
sécher ses larmes …

Depuis que cette chienne s’est envolée à son tour, cette dame ne sort
plus.

 

C’est ainsi que, parfois, les gens aiment confier leur peine aux
pèlerins…

Peut-être parce qu’ils nous imaginent neutres, et à la fois justes …Ou pouvant
emporter avec nous leurs chagrins et les transformer, au fil de nos pas en prières, puis en espérance !

 

Parvenus à La Bastide Puylaurent, nous vivrons une autre confession, une autre émotion

Je ne sais laquelle des deux, de l’épicière ou de moi, avait entamé la conversation
…je pense tout simplement que, lorsque des personnes ont envie de communiquer, elles le font !

Je pense aussi que je devais ce soir-là faire part à quelqu’un des prix abusifs dont
nous autres, pèlerins et éléments de convoitise sur ce chemin, devions nous contenter pour nos besoins journaliers …

Toujours de fil en aiguille, cette épicière en vint à discuter de sa situation, quelque
peu dramatique concernant son commerce qu’elle serait obligée de fermer sous peu, par manque de clientèle et, j’ajouterai, en dépit de sa gentillesse et sa disponibilité ! Cette situation était
principalement liée à des problèmes de concurrence vécus depuis le démarrage de son activité …

De plus, elle venait de perdre son époux et l’on sentait en elle un profond submergement
de détresse, au point qu’elle devait se retenir à chaque instant pour ne pas pleurer !

On ne trouva pas, chez elle ce soir-là, la bonne petite bouteille de vin de l’amitié à
partager à table …Eh oui ! le vin est , à quelques rares exceptions près, « la boisson du pèlerin »  à table (précisons-le !) à table uniquement !

Pour la peine, nous nous sommes rabattus sur deux petites bouteilles de vin pour la
cuisine de 25 cl chacune qui ont très certainement été la cause, le lendemain, de mes affreuses migraines m’obligeant à diluer un doliprane en chemin dans le gobelet de Cannelle, à défaut
d’autres gobelets (Rires…)

Mais …qu’importe le vin, pourvu qu’on ait 


« la tendresse » …


celle échangée avec notre épicière !

 

Un peu particulier, dirons-nous, ce village de La Bastide dans ses rapports
humains…

Nous étions hébergés au « gîte de l’Etoile » , quel joli nom ! Nom des plus symboliques
pour cet accueil dont nous nous souviendrons également… J’y reviendrai de nouveau plus loin lorsque j’évoquerai les moments magiques du chemin …

Pour l’heure, nos premiers pas au sein de ce gîte me fait aborder une autre émotion, et
toujours se rapportant à un animal (ce n’est nullement intentionnel, je ne fais que suivre le fil des évènements …).

Lorsque nous rentrâmes dans ce grand bureau, celui de Philippe Papadimitriou qui nous
parla avec un accent belge des plus « chaleureux », nous savions déjà que « Cannelle » était acceptée à titre tout à fait exceptionnel …(le gîte n’acceptant en principe aucun animal
!).

Nous fûmes immédiatement interpelés par la beauté et la « présence » d’une photo, aux
dimensions d’un poster, faisant toute l’âme de la pièce !

Elle représentait la photo d’un magnifique chien labrador …

Surprenant aussitôt nos regards figés sur cette belle image, Philippe (il sera plus
simple de l’appeler de cette façon) nous expliqua qu’il s’agissait de son chien mort empoisonné. Il nous annonça, non sans fierté, qu’il était coupé « Retriever » …

A sa façon d’en parler, la cicatrice devait être toujours présente et mal
refermée…

Nous venions de comprendre la raison pour laquelle « Cannelle », labrador de son état,
était finalement la bienvenue en ces lieux …

Plus tard, dans la soirée, alors que nous étions tous à table dans la jolie salle de
restaurant, il permit que nous l’installâmes à quelques pas de nous dans la grande véranda voisine où, à maintes reprises, il alla la voir pour lui parler, la caresser …Il le fit avec
infiniment de tact et d’élégance, ne voulant rien laisser apparaître de son chagrin (Emotion !)

Le matin, au moment de nous quitter, il nous a simplement dit que cela avait été un réel
plaisir de nous accueillir avec notre chienne et, qu’en quelque sorte, ce fut une façon de remercier son chien tout en lui rendant hommage …. 


*******

Un dernier hommage …concernant ces amis au coeur d’une fidélité si imperturbable : les
animaux

                 Parfois, lorsqu’un
croassement s’échappait des forêts…nous pensions avec nostalgie et émotion à notre « Coco », Coco le corbeau ! (Son histoire, en deux parties, figure dans ma rubrique « Rencontres »
)

 

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Patrick et Coco

Et, c’est non sans un certain pincement au coeur, que nous nous disions secrètement
« …Pourvu qu’il soit encore là à notre retour…! »



*********

Et, puisque nous en parlons de …cet homme au grand coeur, un fait m’a également
infiniment émue…

        celui de le voir laisser, dans chaque gîte où l’on
passait …


« un coeur en cadeau » 

 

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_________

 



 Les instants magiques

 

Le gîte de l’étoile, nous y revoici !  Je vous avais promis que nous y
reviendrions…

Sous la longue et large véranda toute faite de bois de paille et de feuillage… le tonnerre criait,
Philippe répétait des chants à la guitare, sa voix ressemblait à s’y méprendre à celle de Stephens Stills …et…

        un train passa à ce moment précis,

                     comme pour ajouter une
note de voyage !

 

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un train passe …entre deux notes de
guitare et la colère de l’orage !

 

Un peu plus tard, je lirai …que le pain est fait maison !

Dans la soirée, autour de la table des pèlerins, nous ferons des rencontres tendres, drôles, profondes
…dont les parents de « Nana », une enfant chinoise qu’ils avaient adoptée, devenue adolescente et d’un âge similaire à celui de Lola ; âge et tempérament, une … »Manon des sources » elle aussi
!

Malheureusement, « Nana » ne s’était pas jointe au voyage, mais nous avons passé la soirée à discuter de
tourisme et d’actions solidaires, ce couple donnant infiniment de leur temps et de leur énergie à aider et soutenir certaines contrées pauvres de Chine …

« Alain et Caroline » étaient là aussi, autour de la table (souvenez-vous de ces 2 prénoms, nous en
reparlerons plus loin …).

Nous sommes restés assez tard dans la soirée…

Le lendemain, nous repartirons trop tard aussi dans la matinée avec un soleil un peu trop en
rendez-vous …La marche se fera un peu « tirer » jusqu’à Mirandol où…un autre instant délicieux nous y attendra , qui aura encore le parfum d’une


rencontre !

 

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Et c’est face à ce décor irréel que nous viendrons nous blottir au creux d’un petit gîte bien
sympathique et, pour une des rares fois, où il nous sera possible de faire notre « petite popotte » tranquille (notre bourse a souri !).

Nous serons seuls au départ mais …pour très peu de temps, jusqu’à l’arrivée de 


« Christine et Jean Yves « 

Prénoms également à retenir, car nos deux pèlerins vont également devenir nos deux amis !

Nous les avions déjà maintes fois rencontrés, à pratiquement chacune de nos haltes ….

Nous nous parlions, nous nous souriions même, mais là… face au silence, nous allions goûter ensemble
à l’indicible saveur d’un véritable échange !

Et, au fil des paroles, nous découvrirons l’un et l’autre que nous étions des « pèlerins
de Compostelle » …


Alors,


je vous laisse imaginer


ce que put être notre soirée !

 

L’étape du « Pont de Montvert », deux jours plus tard, fut également toute imprégnée de
magie ! Quand je dis « magie », je veux principalement parler de tous ces petits rien de la vie qui nous enchantent, à condition d’y être à l’écoute …

 

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De la terrasse où nous mangeons, au beau milieu des vapeurs exquises des pizzas au « pélardon »
(qui est un fromage de chèvre des Cévennes, une tradition ancestrale et non, comme le dit un ami pèlerin qui, à la lecture de ce mot sur mon diaporama, s’imagina de suite …une rivière de
« lardons » !!!)

 

je disais donc …nous sommes sur cette terrasse…

Je revois alors les murs, les ruelles et, comme le décrit si bien Robert  Louis Stevenson …je
contemple

    « ce lit de rivière étincelant, avec son petit air méridional indescriptible »
,

devant lequel …j’imaginais le passé de ces maisons au travers de leurs fenêtres …!

Nous sommes  dans le pays des Camisards, puisque c’est là que la guerre a éclaté. Il n’y régnait
que …la foi des protestants, les assemblées du Désert, le courage sans nom des chefs huguenots et de l’ensemble des rebelles face aux persécutions !

                       Et…comme ce pays
me parlait !

 

Toujours sur notre terrasse, un papi assis à la table d’à côté raconte son enfance à ses deux petits
enfants …

Tout ce que je pouvais posséder de sens et d’émoi se tendirent vers son histoire …à y toucher le
coeur !

 

               Transmettons,

                    transmettons à nos
enfants

                       toutes ces beautés
de la terre !!!

 

Je commençais vraiment à comprendre le pourquoi de mon voyage …

Il faudra encore attendre deux jours pour en avoir … »la révélation » !

 

Je reviens aux instants magiques , et nous voilà projetés à la fin du voyage et même …plus loin
!

Arrivés à St Jean du Gard au gîte « Au pré de Modestine » (est-ce le nom qui nous a séduit …sûrement
!) en compagnie de Christine et Jean Yves, et après plusieurs petits périples (que je vous conterai dans le chapitre « les plus beaux rires » ), nous nous sommes dirigés après le repas du soir vers
« le Gardon », illustre rivière des Cévennes, qui se trouvait juste en contrebas à 50 mètres du gîte.

Notre pauvre chienne qui, en vraie « labrador », ne râte jamais une occasion de goûter à l’eau, s’est
couchée net à quelques mètres de la maison, ne voulant plus rien savoir , alors que nous tentions de l’emmener ! Elle resta donc au gîte.

Il était plus de 22 heures, lorsque nous arrivâmes tous les 5 à la rivière.

Jean Yves et Christine ont préféré jouer aux spectateurs …dommage !  Et, je reprends les termes
de mon diaporama « L’eau était magique, de gros poissons nous passaient entre les jambes et une colonie de canards est même venue nous rejoindre ! »

Les passants éberlués qui prenaient le pont nous demandaient « Elle doit être bien fraîche à cette
heure-ci », et nous leur répondions d’un air assuré « Pas du tout…elle est délicieuse ! »

 

Voici un cliché de notre belle et magique rivière (cliché pris le lendemain matin en repartant
…)

 

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A bientôt peut-être,


frétillante rivière !

 

Le lendemain, je repasserai sur ce pont sans réaliser vraiment que notre voyage s’est
terminé hier …Il semble pourtant bien continuer, il danse, rit, farandole à l’intérieur de nos têtes et nos coeurs …

Nous sommes le 18 juillet, avons parcouru à pied 226 kms d’intense bonheur, nous
laissant tels des oiseaux n’ayant plus aucune notion d’atterrissage…

Nous partons prendre le petit train qui mène à la bambouseraie d’Anduze, lieu que
j’avais découvert déjà, Yoann n’avait alors que deux ans …Maman était venue nous rendre visite avec une amie …(Cette pensée vient de m’effleurer en écrivant et j’aurais pu la glisser dans le
chapitre des « Emotions » …)

 

Revenons à notre petit train qui, lui, se passera de mots…

                Vous voulez le voir ?
Accrochez votre émoi …

 

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Un petit train à vapeur  comme on en fait plus !

 

Nous nous laissons littéralement portés par ce petit train à vapeur, le visage aux
fenêtres …parfois au risque de ressembler à des ramoneurs avec la fumée (sourire…), mais …l’air, la magie, le paysage nous le font oublier !

A la bambouseraie, lieu mythique, nous nous laisserons également transportés dans un
autre monde, grandiose au regard …en essences et en couleurs !

Et mon coeur battra la chamade, en me rapprochant du « Vallon du dragon », jardin zen créé
en 2001 (l’année du dragon), et inspiré des principes du Feng Shui et des jardins de style bouddhiste.

J’y revus en un éclair toutes les images du livre que mon « ange adoré » m’avait offert
pour mon anniversaire « La Chine » d’Etienne Dehau dans la collection « Géo Partance » ; véritable amoureux de la Chine, il avait voulu me faire partager cette passion …

Et, quel livre ! J’y ai revu et imaginé, (je cite les mots de mon
diaporama) 

« les radeaux de bambous, les cormorans amassés sur les rives des lacs, le rouge des
tenues d’opéra des lampes et des palais, les fichus des paysannes et les marchandes agenouillées sur des rivières de soie … » : (Sabine).

Plus loin, un autre endroit m’attirera tel un aimant, fait de superbes bassins
aquatiques, de fontaines en bambous, de cascades et de jolis bonsaïs….tout ce qui, bel ange, habitait tes passions !

    Et j’ai su résolument qu’à cet instant là,

                   tu me tenais la
main ……

 

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Après avoir quitté ces lieux et nous être ravitaillés (notre pauvre « Cannelle » s’est
lamentablement endormie une frite contre le museau…rires !), d’autres découvertes nous attendaient …Du moins nous attendaient Christine et moi, nos deux compagnons respectifs ayant préféré
nous attendre sur un banc dehors ; nous les voyions tous les deux de la « boutique zen »  où nous nous trouvions (ils auront attendu une bonne heure !) ronflant presque sur l’épaule de l’un
l’autre …fou rires !

 

C’est dans cette boutique Zen que m’attendait ce trésor …

 

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De ce livre réellement prodigieux, je vous en parlerai, bien sûr, dans ma rubrique « mes montgolfières »
….

En reprenant le petit train à vapeur, mon esprit resta plongé dans les écorces d’arbre de Cédric
Pollet,  et le balancement du train sur les rails prit le rythme magique d’un tam tam …

Dès que j’avais ouvert ce livre dans la boutique, je m’étais sentie « flotter » dans un bien être
inégalable …comme si le sang qui coulait dans mon corps était brusquement devenu « rivière » ! C’était bien la première fois de ma vie qu’un livre me créait une telle sensation …

Après une soirée des plus inoubliables passée à …rire et rire encore avec nos amis « Christine et
Jean Yves », nous partirons le lendemain matin, chacun dans nos terroirs respectifs ! 

Au départ, nous devions partir tous les trois (Patrick, Lola et moi) avec la malle
postale à 14 H de la gare d’Alès. Or, après infos prises la veille, nous avons découvert avec joie que nous pouvions repartir nous aussi en train dès le dimanche matin…

Jean Yves et Christine partiront du Quai A à 8H41

Nous partirons, quant à nous,     du Quai D à 8H42

                … A croire
que


nous devions vivre ce chemin ensemble jusqu’au bout !


Et, dans le train qui nous menait tous trois d’Alès à Brioude je me mis à écrire sur l’une de mes
inséparables moleskine ces mots :

                          A
« Gwen »

dans le ventre de qui venait de naître une jolie petite graine !

        « …En marchant un matin, aux aurores, j’ai imaginé une enfant à la
chevelure corbeau, enveloppée de jolis ponchos bariolés, le regard aussi fort et aussi beau que la Cordillère des Andes …Elle avait les sublimes rondeurs d’une fleur sauvage et un irrésistible
parfum de voyage !


JE VOUS AIME : Maman. « 

 

La petite graine n’est pas devenue rose mais joli bouton d’or…Qu’importe le genre ! Je l’imagine
toujours les cheveux corbeaux, enroulé dans de jolis ponchos bariolés et le regard lointain, inspirant le voyage ….(A mon petit Kewan)

 

Nous allions retrouver non pas notre terroir mais … »notre port d’attache » (A découvrir dans ma
rubrique « Voyages » , la 2ème partie du récit sur la « Haute Loire » ). Nous l’appelons notre « port d’attache » car nous y sommes sublimement attachés, bien qu’il n’y ait comme eau que cette divine
rivière…(divine à nos yeux) « notre belle Sumène » !

 

A la gare du Puy en Velay, une autre belle rencontre nous
attendait 


« Chantal » !

« Chantal et Jean-Marie », que nous avions connus dans le petit village de Sokone au
Sénégal, venus comme nous en touristes solidaires chez « Joséphine » (devenue mère, soeur, amie…enfin, un peu tout !) et Directrice de l’Ecole de Promotion pour jeunes filles (toujours à
découvrir dans ma rubrique « Voyages ») au sein de laquelle nous logions …

« Jean-Marie » en qui nous avions également assez vite reconnu notre « boucher » de St
Julien Chapteuil (notre port d’attache !)…Et, après cela, nous ne pouvons vraiment plus dire que …le monde n’est pas petit ! C’est toute la magie du voyage…

        une tite photo ?

     

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Chantal et lola

Ah ! Chantal …de te revoir, ce sont toutes les senteurs de l’Afrique qui sont remontées en nous
!

 

Bien que nous ayons quitté le chemin de notre écrivain, la magie nous collait comme sueur aux
frusques…Et, comme sur un manège tourbillonnant à toute vitesse, les souvenirs défilent en hurlant de bonheur : le joli rougeoiement du fer de notre copain forgeron, les libellules de la Sumène
venues nous caresser, la guimbarde de Lola dont la mélodie nous emmenait vers des paysages de rizières, et la fête de la soupe à St Julien Chapteuil (notre port d’attache) où pas moins de quatre
générations d’humains se retrouvent pour rire et danser …

Il y avait là le sourire d’Odette, celui de Jean et ….des rêves d’enfants !

 

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Et j’entends encore cet air qui me rendit heureuse …Cet air que j’ai gardé en ma
mémoire et qui en ressort les jours où la tristesse veut prendre place …


je vous l’offre ici,


Soyez heureux !

 

 

 

 Au camping de la Sumène, là où vivent Odette et Jean, les grands parents
spirituels de nos enfants, et où survivent toutes les toiles d’araignées que nous aimons retrouver (tendre sourire…), nos pieds goûteront au plaisir suprême de l’herbe et de l’eau,  Lola
réapprendra les ricochets et l’art des scoubidous…

Pendant que nos têtes, encore tout emplies des bruits de cascades, se souviennent des
nuits et des aurores que percent de grands cris d’oiseaux, et du clapotis de la pluie sur la toile de tente …

 

Au bord de la Sumène, notre rivière enchantée, de longs longs moments sommes restés

A un moment, j’ai prononcé intérieurement ces mots « …j’aimerais tant qu’il se passe
quelque chose d’extraordinaire, comme aux premiers jours où nous étions venus par temps de pluie, confier une partie des cendres de notre petit (notre bel ange) au lieu qui fut son paradis
lorsqu’il était enfant, et où …une gigantesque lueur de soleil était venue nous inonder au moment de repartir … » (le lendemain aussi, le même phénomène se produisit)

Une fois ma phrase terminée …

                   un cygne passa dans
le ciel !

 

Je suis repartie de la Sumène avec une foule de projets : emmener la « jolie petite
graine de rose ou de bouton d’or » faire un grand et beau voyage, entrer en relation avec Alison Dubois, avoir un pied à terre à la Sumène, faire le chemin de St Jacques du Puy à Kaysersberg, et
un jour, un sublime jour …


Partir découvrir la Chine !

 

IMGP0986.JPG

 

Chaque instant du voyage nous rapproche un peu plus de nous-même, des êtres rencontrés,
des amis à venir et des anges qui nous regardent:

 

Sabine.

 


A bientôt,


quelques pas plus bas


pour poursuivre le voyage …

 

Sur le chemin de Stevenson : 2ème partie

 

 

 

                                              Les révélations

 

Nous sommes arrivés sur St Germain de Calberte avec cette étrange impression que tout
sommeillait profondément en cet après-midi dégoulinant de soleil…

Aussi silencieux que son village, d’aspect rugueux comme la bogue de la châtaigne, le
propriétaire du gîte « le Recantou » commença par nous faire attendre, devant encore servir quelques clients.

Il nous monta ensuite aux chambres qui se tenaient au second étage et, en ouvrant la
porte, prononça ces mots dont je n’oublierai jamais la résonnance:                                    
             « Bienvenue »  !

Il y avait, dans ce terme employé si couramment, une autre dimension

                      
               Il nous disait…

                      
             » je vous ouvre mon coeur ! »

 

IMGP0672

 

Et il ajouta que « Cannelle » pouvait utiliser ce lieu à sa guise, sans craindre de salir quoi que ce
soit !

Je reconnaissais ici ce profond respect qu’ont entre eux et
envers eux les hommes de ce terroir, respect des humains mais aussi de toute créature vivante : hommes, plantes, animaux ….

 

A l’intérieur, tout n’était que … »pure merveille d’authenticité  » !

Chaque photo posée sur les murs avait été faite des mains du propriétaire de ces lieux ;
elle représentait  la culture des vers à soie, des vieilles granges …enfin tout ce qui fut la vie de son pays !

Je replongeais alors dans cet univers qui m’avait tant fasciné dans ce livre qui fut
longtemps (et l’est encore parfois !) mon « livre de chevet », je veux parler du « Crève-Cévennes » de Chabrol ….

Ces aïeux enterrés dans les jardins, ces interminables lessives de printemps faites à la
rivière où c’est un village entier qui partait avec charrette attelée ….

Nous nous sentons comme chez nous dans ce cadre simple, les draps sont doux et sentent
la fleur …nous n’avons jamais connu de bonheur si bon depuis notre départ !

Plus tard dans la soirée, dans la petite salle de restaurant, je me souviendrai de la
sublime musique de Jean Ferrat, du « petit chapeau de lutin » sur la glace de Lola (c’est ainsi du moins que la dame nomma la jolie noix de chantilly …)

Que d’infimes détails, me direz-vous ! Mais, dans ce genre d’endroit, ce sont justement
les détails que nous retenons, comme pour ne rien perdre de leur magie …

 

Etais-je venue suivre le chemin de Stevenson ou plutôt vivre, ressentir et comprendre le
« Crève-Cévennes » de Chabrol ?

                     Je pencherai
franchement pour la seconde pensée !

 

Ce que j’allais découvrir en flânant de long en large dans ce village allait m’éblouir,
m’imprégner à jamais de l’âme de ce village ……

Je vous laisserai le découvrir en images sur mon diaporama, car ce serait mettre ici un
trop large éventail de clichés et …lequel retenir plus que l’autre ? Ils sont tous tellement beaux, majestueusement uniques ! (Notamment la rencontre avec un vieil homme qui nous a …subjugués
!!!)

(*St Germain de Calberte  : photo n°275 à 297 , album « Le chemin de
Stevenson »)

 

Je vais toutefois vous parler …d’une autre révélation !

 

IMGP0675.JPG

 

A mesure que nous nous approchions de ce temple, isolé sur ces collines, une impression
à la fois étrange, très inhabituelle mais intensément prenante nous envahissait !

Une fois à l’intérieur, il était fait d’un tel dénuement, auquel nous étions si peu
habitués …une simple lucarne sur le mur central légèrement craquelé, une série de bancs d’aspect rigide, et, de chaque côté des longs balcons disposés en hauteur sur 2 étages, de menus spots
diffusant une faible lumière …

Qu’y avait-il donc de si mystérieux et à la fois d’aussi enraciné dans le coeur de ces
hommes pour savoir invoquer Dieu dans un tel désert d’images, de visages et de couleurs parmi lesquels nous, catholiques de réflexion et de coeur, aimions tant être inondés !

 

Ce temple représentait pour nous une montagne de crêtes sans cascades, une prairie
asséchée et sans fleur …

Pourtant, à l’extérieur du temple, accolé à son flanc, il y avait une table savamment
décorée de gâteaux et de vin, et des hommes autour …!

 

N’y avait-il pas là le plus authentique exemple de partage ?

                      
                           Sûrement !

 

Nous sommes repartis un peu plus « tolérants » et nous demandant même

         s’il n’existait finalement pas des « Chemins de Foi »
plus ardents que                                          les nôtres ?

 

                     Comme
j’aimerais un jour pouvoir revenir vers toi …

                      
         fascinant village de St Germain de Calberte !

Mais parfois, comme tout ce que l’on aime éperdument, cette question se pose  :

                      
     « seras-tu encore là, 

                      
                  et

                      
           sauras-tu rester le même ? »

 

                      
                            *****

 

  
                         
 Les plus beaux
rires

 

Un rien fait rire lorsqu’on est éperdument heureux !

On peut même redevenir tout petit tout petit et jouer à …

                          
    colin maillard par exemple …

 

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  Hein …elle triiiiiiiiiche !

 

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Et, lorsque …  ventre affamé n’a point d’oreilles, mais non plus point d’yeux ..et file
s’asseoir sans crier gare sur un nid de fourmis rouges, cela donne de belles boursouflures, certes !

Mais, lorsqu’assis à la table d’un restaurant, ces boursouflures vous poussent sur le visage , les
bras et tout le corps au fur et à mesure que vous parlez …ça donne alors une série de « fou rires incontrôlés » ! (les murs du « Recantou » vont s’en souvenir longtemps !!!). 

Je n’ai pas la photo de ces rires, mais celles assez « épiques » de nos bobos  « Nos »  à savoir
ceux des 2 nanas (Christine et moi) car, pas juste, ces affreuses boursouflures ont bien sûr épargné nos 2 aventuriers !

 

IMGP0735.JPGIMGP0736.JPG

 

Je vous présente « Christine » (photo 1) et mes « premiers bobos » (photo 2)

            … »Premiers » mais …pourquoi premiers ???

Car, les trottoirs ne sont vraiment pas larges à St Jean du Gard …la preuve, en images, que je ne me
trouve pas d’excuses 

 

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Très heureuse à ce jour de vous présenter : l’endroit où je suis tombée ! (Photo prise
le lendemain de la chute…trop beau souvenir  !)

Et …pour cause ! J’étais entrain de « boire » les paroles de ma voisine (autant
« bavarde » que moi …Oui, oui, ça existe !!!)

Je suis tombée de tout mon long ! Le nez s’est mis aussitôt à saigner comme une rivière
et le genou à gonfler en quelques minutes de façon méconnaissable !

Par chance, il y avait un troquet à deux pas où je pus bénéficier de glaçons et
Christine me fit un « bandage maison » à l’aide d’un sachet plastique.

Nous nous dirigions justement chacune (non, ne riez pas encore !) vers une pharmacie
afin de prendre les médicaments indiqués par notre très charmant médecin de St Germain de Calberte pour nos boursouflures …

Eh bien là, du moins me concernant, une pharmacie sera d’autant plus
utile.

 

IMGP0747 

                 Quoi …vous n’aimez pas
mon look !

 

Mais l’aventure ne va pas s’arrêter là !

Alors que je me trouvais devant la pharmacie, mon petit groupe de soutien se tenant
dehors, je vois arriver (et j’espère que vous avez retenu leurs prénoms !) « Alain et Caroline » !

Nous ne les avions pas revus depuis quelques haltes …quel bonheur de les revoir là ,
surtout …dans de telles circonstances !

Aussitôt, voyant ce petit groupe au complet palabrant tous ensemble, une idée jaillit de
mon cerveau ! Je suis sortie de la pharmacie pour demander à Alain et Caroline de m’attendre afin que nous fassions une belle photo de groupe et …c’est là où l’aventure se corse
!

En m’attendant, Alain eut un réflexe pour le moins …des plus inattendus
!

Il manquait dans l’histoire un bienveillant photographe. Un gendarme se tenant là, juste
en face de nous, dans la circulation …Alain eut la délicieuse idée d’aller lui demander d’être ce photographe !

 

IMGP0748.JPG

 

Ce gendarme se prêta aussitôt au jeu, au point …d’arrêter toute la circulation , nous
devenions de véritables « stars » !!!

 

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 Que de souvenirs …merci monsieur le
gendarme !

 

Alors devant la pharmacie, nous avons (de gauche à droite face à l’écran) :  Caroline, Patrick et
notre chienne, notre petite Lola avec derrière (les impressionnantes moustaches) Jean Yves, puis Christine, moi et Alain.

 

Mais les prouesses de notre gendarme ne s’arrêteront pas là !

Un peu plus tard, lorqu’il nous verra repasser au même endroit, mais un plus loin devant
une jolie fontaine, il ne pourra résister au plaisir de nous reprendre en image …

 

IMGP0750.JPG

  
            On est beaux, non ? Re-merci monsieur le gendarme !

 

Nous sommes à présent le lendemain, déjà (!), et aussi le dernier jour passé ensemble !

De retour de la bambouseraie d’Anduze, nous découvrons Alès …cette ville où j’ai vécu
; époque miséreuse de ma vie, juste avant un départ en Centrafrique d’où nous (je n’étais pas alors avec Patrick) serons vite rapatriés, revenant sur Alès en tee-shirt en plein hiver et sans le
sou…Yoann avait 2 ans !.

Je voulais revoir cette ville et c’était l’occasion rêvée puisque le chemin nous y
menait !

Je me souvenais de ces petits airs de fête que prenaient les terrasses, toujours bondées
et pleines de couleurs sous le frétillement d’une multitude de petites cascades et …je redécouvrais cet univers presqu’intact !

 

IMGP0850.JPGIMGP0852.JPG

 

Une petite bière fraîche à la 1ère terrasse, et un gentil p’tit repas pour fêter ça à la
seconde avec une p’tite sangria en entrée, un p’tit merlot à table et , pour clore le tout …le bouquet (qui nous a d’ailleurs bien fait rire) un dessert au Grand Marnier !!!

Ah ! mais …qu’est-ce qu’ils peuvent boire ces pèlerins lorsqu’ils sont heureux !!!
 Mais non mais non …on « vit » tout simplement !

Il était dimanche (nous l’avions oublié, n’ayant plus la moindre notion des jours !)
mais l’estomac de notre pauvre chienne « Cannelle » s’en souvenait lui …Estomac qui demeurait désespérément vide, faute d’épiceries ouvertes en chemin ! Elle finira avec une gourmandise non
dissimulée (j’ai préféré le mot « gourmandise » à « rage » !) les Kriskrol de Christine et Jean Yves et une vache qui rit. Nous avions bien demandé tous les restes de victuailles au restaurant où
nous mangions mais, malheureusement pour elle …les mets étaient savoureux et les clients trop friands !

 

En repartant de ce restaurant, un ultime gros fou rire nous prit lorsque, tripotant
Christine et moi à plus de 10 heures du soir un cageot d’abricots pourris posés par terre et destiné aux poubelles, ceci afin de subvenir aux besoins alimentaires de Cannelle,

              Jean-Yves nous traita toutes les
deux de « clochardes » !

 Je vous laisse d’ailleurs …imaginer la scène (!!!)

 

 Pourquoi, dans la vie de tous les jours, n’a-t-on pas forcément le réflexe de
créer ces situations pour le moins inouïes et toujours propres aux interminables cascades de rires ?

        La peur des autres,

       la peur du « quand dira-t-on » ?

 

Ces moments fantasques sont pourtant le vrai 

              
                       nectar de la vie
 !

                      
   

                      
             **********

                

               Quelques réflexions et un hommage …

 

Je tenais à ouvrir ici une petite parenthèse sur les conditions d’hébergement sur le
chemin de Stevenson où, à mon humble avis, les gîtes où les pèlerins peuvent préparer leur petite « tambouille » en toute convivialité sont pratiquement inexistants (à l’exception de Mirandol, nous
en avons parlé, et les gîtes communaux de Florac et de Pont de Montvert) ..Les demi-pensions sont très souvent imposées !

Cette condition peut être considérée tel un léger abus de la liberté et des conditions
budgétaires du pèlerin !

Le pèlerin est souvent heureux avec un simple plat de pâtes et une bonne soupe qui fume
…Pourquoi créer des besoins ? D’autant plus que certains ne peuvent pas toujours et forcément les assumer !

         Le vrai bonheur ne résulte-t-il pas en choses simples
!


IMGP4865.JPG

Attention Lola, ça va …brûûûûûler !

 

Certes, il a fallu user d’un bon instinct légèrement parsemé de confiance et d’attention , le faitout
ayant pour mission de faire cuire des pâtes pour … cinq !

       Hmmmmmmmmm, elle était bien bonne ta p’tite sauce aux poivrons, Christine
!

                          
              _________

 

On ne se souvient que trop de « Modestine » qui ne voulait pas toujours avancer et écouter
les aspirations de notre cher écrivain écossais et bien …           nous avons eu, en quelque sorte, « notre » Modestine !

 

Nous quittions l’illustre gîte de Pradelles (où Robert Louis Stevenson déjeuna) et où
nous avions passé la nuit, pour reprendre la route vers Cheylard-L’Evêque. A peine avions-nous fait deux pas que « Cannelle » se coucha sur le sol et refusa d’avancer…nous en étions à notre 3ème
jour de marche ; raison pour laquelle j’ai immédiatement établi le parallèle avec Modestine… Cette implacable obstination fut vraiment trop drôle, je n’ai (et quel dommage) pas eu le réflexe
d’immortaliser cet instant en photo !

 

J’en profite, bien évidemment, pour rendre un hommage tout particulier à notre fidèle
compagne à quatre pattes qui, comme ce fut le cas pour notre 1er périple sur St Jacques du Puy à Figeac, se souviendra de ce voyage …

Elle fit le bonheur de mes clichés , dans des attitudes tantôt très cocasses,
attachantes, ou parfois bien émouvantes ! (Vous pourrez les suivre toujours sur le même diaporama commenté).

 Et, chose suprêmement inoubliable, tout se termina pour notre amie
par

                   une merveilleuse
histoire d’amour !

 

IMGP1238.JPG

 « Notre Cannelle est à droite sur la photo …

                         c’est
peut-être ce qui a manqué à Modestine ! »

 

Et, j’ai une pensée particulièrement émue pour Robert Louis Stevenson, lorsque sonna pour lui
l’heure de la séparation avec Modestine…

Voici à cet effet un extrait de « Voyages avec un âne  – Dans les Cévennes du Puy à Alès  »
de R.L.Stevenson 

 

 Ce
fut seulement lorsque je fus bien installé à côté du conducteur sur une diligence qui roulait avec fracas dans une vallée rocheuse remplie d’oliviers nains, que j’eus conscience de tout ce qui me
manquait. J’avais perdu Modestine ! Jusqu’à ce moment j’avais cru la détester ; mais à présent elle s’en était allée : « Hélas ! quel changement pour moi ! »

Pendant douze jours nous avions été des compagnons inséparables, nous
avions parcouru plus de cent vingt milles, gravi des hauteurs respectables et suivi notre petit bonhomme de chemin sur nos six jambes à travers rochers et marécages. Elle me portait un peu sur
les nerfs sans doute, et j’avais parfois vis-à-vis d’elle des manières de grand seigneur. Après le premier jour je sus conserver mon sang-froid. Et pour elle, pauvre âme, elle était patiente,
elle avait des formes élégantes, une couleur d’un charmant gris-souris, et sa taille était petite à souhait. Ses défauts étaient ceux de sa race ; ses vertus étaient bien à elle. Adieu, et si
c’est pour toujours …

 Le père Adam avait pleuré quand il me l’avait vendue ; après l’avoir
vendue à mon tour, je fus tenté de suivre son exemple. Et comme je me trouvais seul avec le conducteur de la diligence et cinq ou six aimables compagnons de voyage, je n’hésitai pas à me laisser
aller à mon émotion.

 

                  
                                                       
                                         
Fin.

  

                      
              **********

 

                          
 L’appareil photo …un ami !

 

Par l’intermédiaire du diaporama commenté (l’album « Le chemin de Stevenson ») j’ai essayé
au travers des « 602 photos commentées » de retracer notre périple avec des mots et des images dans un souci d’absolu partage et d’authenticité !

Jusqu’à St Germain de Calberte, mon appareil ne put ni prendre en vues rapprochées ou un
tantinet exposées  à la lumière …J’ai ainsi loupé nombreux clichés fantastiques …

J’aurais pu aussitôt  placer ma carte mémoire sur l’appareil de Patrick, (il me
l’avait proposé bien avant) mais,  et bien qu’ayant à maintes reprises « vociféré » contre ses soudaines déficiences techniques, je crois qu’un appareil photo est un véritable compagnon avec
qui on veut faire la route JUSQU’AU BOUT, en dépit des maux, avaries et désillusions !

Comme pour la plupart des mots de ce récit en 2 parties, cette pensée fait partie de celles gravées par
écrit sur ma moleskine

 

            
                          **************

 

            
                      Nos pas ….un impact imprévisible !

 

A Langogne, alors que nous cherchions notre route, nous nous sommes machinalement adressés, sans le
savoir, au … »baliseur du Chemin de Stevenson ».

Très peu de temps après, un papi qui visiblement connaissait notre interlocuteur se joignit à nous

J’ai plaisir à vous le montrer aujourd’hui (vous le reconnaîtrez …)

Ceci dit, notre baliseur fut également des plus sympathiques !

 

IMGP4445                                            
               

Il n’a pas moins de …80 ans, ce charmant papi (à Dr sur la photo)

Il s’empressa de nous demander si nous pouvions lui envoyer la photo ! Je l’ai fait mais
…(le temps passe si vite !) près de 6 mois plus tard, à l’occasion de la nouvelle année.

J’avais griffonné son adresse sur le topo guide…(afin de ne pas
l’égarer)

Il nous a répondu presqu’aussitôt , par le biais d’une très jolie carte au paysage empli
d’une candeur émouvante, y inscrivant entre autres ces mots « Je penserais à vous chaque fois que je regarderai la photo, encore merci », et il nous joint son n° de tél.

Nous ne nous serons connus que cinq bonnes minutes…

      c’est du moins,

                    ce que je
croyais ! 

 

                      
                         ***********

                      
             

                      
                      
Conclusion

 

Qu’il s’agisse de Compostelle ou de Stevenson …

     la marche nous mène toujours vers l’humilité,

      nous donne les mêmes leçons de sagesse 

       et purifie toujours nos coeurs !

 Elle nous réserve aussi les mêmes instants de 

     magie et de méditation …

 

         tous les chemins mènent au coeur !

 

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                                                        Le chemin… vu par Lola

 

Au sein de ce court récit (en 2 parties), je ne vous aurai pas parlé des paysages traversés qui
auraient pu faire partie tout à la fois des émotions, des instants magiques et des grandes révélations, car …en visionnant mon diaporama commenté, vous 

            en prendrez plein les yeux !

Je vous laisse donc en sa compagnie …

 

Prenez bien votre souffle,

     Ne pensez qu’à rêver,

       Savourez la vie,

       Réinventez le temps …

                 Rien n’est
impossible !

 

Post-Scriptum

 

 

 Je marche et j'écris pour "Aimer"...Chacun de mes pas, chacun de mes mots me faisant tout à la fois renaître et ouvrir les bras ! La photo est aussi ma plus fidèle compagne...Elle est ma balise sur les sentes de l'émotion et du temps, le repaire occulte de ma poésie.

 

 

 

papi sabine

Cil-anse ....il dort !

 

Emue par…

 

Le voyage...

celui qui démunit autant qu'il enrichit,

qui détourne la pluie en rires

et fait de notre coeur

le plus fervent des poètes

sans même composer de mots !

 

Sabine

ou SAB-Lyse.

 

A la mare-aile ….

 

Viens avec tes mots-fleurs

tes mots-coccinelles ...

 

Je t'invite

à la craie maille-air

de ma maison au TOI d'or

y vivre d'amour 

et d'OH  frais,

raison à l'envers

folie à l'endroit !

(Sabine)

Pour me suivre pas à pas

Ecoute

coeur Sabine

 

A-t-on appris à nos silences à devenir magiciens,

à faire crépiter des flammes dans l'antre de nos ciels gris

ou faire couler,  entre les pierres de nos coeurs en ruines, des rivières enchantées ?

Non, bien sûr que non !

Cette magie est en nous ...  (Sabine)

 

Mille et une fontaines pour demain !

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A propos de mes créations

 

Chaque photo, écrit et citation (sauf là où figurera le nom de l'auteur) de cet espace sont "la sève de mon inspiration" ! Aucune de mes créations (surtout valable pour mes photos) ne porte ma signature car j'aime vivre en confiance. Si vous souhaitez en emprunter, pourquoi pas ? L'émotion est à tout le monde ! Faites-le moi juste savoir et pensez toujours à relier votre désir assouvi à un lien vers mon blog ...MERCI !       Sabine.

 

Mon premier livre

  

  P1060170 (Copier)

 

Le tourbillon de mes pensées venues se poser comme feuilles au vent, sur 160 pages illustrées de mes photos couleur.   C'est ICI  

 

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Je commente le plus souvent chaque photo de mes diaporamas, afin de faire réellement vivre le voyage dans sa chair et l'authenticité de son histoire ...BON VOYAGE !  

 

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