Chemin je t'aime

Mon baiser à la Massonne …

 

Il est des lieux qui, à peine gravis, vous prennent par la main aussitôt …

Et ce fut le cas pour la Massonne, réserve d’exception s’étendant sur une centaine d’hectares de rêve, qui fêtait à la mi-octobre ses vingt ans de « splendeur naturelle » !

 

 

 

 

 

Je commence par emprunter timidement ce long chemin autour du logis, entre bois, prairies humides et landes sauvages, non encore complice avec l’instant, ne respirant pas encore dans son poumon …

Je suis seule avec le paysage, il manque mon fidèle coéquipier, malade aujourd’hui, sans qui tout partage ne semble pas être pleinement vécu.

Le houx et la bruyère me rassurent …

Les noisettes parsèment la terre, innombrables chapelets sur les prières alanguies de l’automne. Chaque craquement sous mes pas me laisse imaginer le frisson de l’écureuil et je souhaiterais être un oiseau pour simplement pouvoir tout survoler en douceur, me poser sans être vu ….

J’ai de plus en plus l’impression de traverser des secrets d’écorce où les herbes ne sont plus que des fissures à l’intérieur desquelles des confidences se cachent. Or, très vite, l’air apprivoise ma retenue et les arbres m’enlèvent pour m’emmener au coeur de divines escales …

Ils m’invitent à valser avec le silence, me serrant un peu fort contre l’embryon de leur épouvante, contre mon ventre je le sens déjà bouger …

Je recueille quelques sanglots, partage quelques vérités …

L’émotion est aussi intense que fugace, on la prend sans besoin de méditer, comme une giclée d’absinthe, un rire de cascade.  Tout ici est à naître et change probablement chaque jour !

 

 

 

 

 

Les branches et les troncs sinueux, bras avides de la tendresse des ans, m’entourent de leur mouvance, de leur chair aux effluves d’enfance …

C’est une danse étouffée, sensible à l’extrême, qui s’offre à tous les préludes du monde !

 

 

 

 

 

Des artistes ont laissé leurs empreintes, ça et là , se faisant mages ou farfadets …

 

 

 

 

 

Ame de corps-serre

Pas trouvé ton trésor

Juste entrevu

Quelques fleurs du mal

Collées au mât

 D’un étrange bateau ivre …

 

 

 

 

 

Je m’avance, sans le savoir, vers ….l’antre aux amoureux !

 

 

 

 

 

J’arrive à découvert et s’ouvre devant moi un exquis paysage d’eau, ressemblant légèrement à un rêve tibétain …

Mes yeux dessinent un cormoran sur un piquet, une femme s’approche vers moi, une fleur de lotus à la main, la grâce de son sourire me transporte …

L’écho me renvoie le souffle du primevère …

Je ne suis plus là et vogue en zhucao …

Je m’agenouille le soir venu dans le temple de la brume, vénérant l’humble éclat des choses …

Ce paysage me libère de la superbe emprise des arbres , du moins je le croyais, avant d’être aspirée par la grandeur du ciel …

Tout ici nous immerge dans les mystères de l’infini !

 

 

 

 

 

Tout près, des hommes pensent …

Ce qui s’en évapore est à ce point vivant que je me dirige instinctivement vers le sable sur la pointe des pieds …

 

 

 

 

 

Je connais ton nom mais préfère t’appeler la « Fleur papillon » …

 

 

 

 

 

Je ressens viscéralement une présence dans les airs, comme une entité magicienne …

A chaque fois, en effet, qu’un recoin me parle et que je m’apprête à l’immortaliser en image, un splendide rayon de soleil apparaît !

Ce lieu est vraiment extraordinaire …

Il y existe une sorte de télépathie, entre lui et tout être imprégné de sa poésie …

 

 

 

 

 

Le feuillage me berce et j’entends le chant de la mer !

Et ce vent, quel talent, a la fougue de Karayan, il entraîne Debussy vers des berges bien plus inconnues et bien plus belles encore …

Sous mes pieds, le sol se fait de plus en plus velours …

Je voulais être un oiseau tout à l’heure, mon voeu est exaucé …je vole !

Je finis par entendre le glissement de mes pas sur l’herbe, le froissement de mes vêtements, ils me massent, me caressent le sang à la manière d’une algue …

J’ai déjà connu tant de fois cet état de bien-être unique, sur les dernières étapes de mes divers chemins de Compostelle lorsque, dans les dortoirs bondés, le simple bruissement d’un sac plastique suffisait à me faire plonger avec succulence dans le sommeil …

 

 

 

 

 

Un peu plus loin, quelle rencontre !

Sans toutefois l’apercevoir ou la connaître, je me dis que nous sommes au moins deux à avoir été envoûtés par les vagues  …

 

 

 

Un bateau pour naviguer, mais où ? Et puis a-t-il réellement envie de partir, les yeux éperdument noyés dans la bruyère  que je découvre, en nappe désinvolte,  à mes pieds …

 

 

 

 

 

Une tribu peuplerait donc la forêt ?

Des elfes peut-être, ou encore un …fou du bois !

« Il était un fou du bois

qui vivait l’âme sereine

près d’un logis d’autrefois

pour l’amour d’une graine … »

 

 

 

 

 

Arbre blessé

que la foi a pansé

sait

que l’ombre est nécessaire

pour bien enlacer la lumière …

 

 

 

 

 

Je te vois « arbre-mère »

Tes petits jouent dans tes cheveux,

se tressent,

glissent sur ta sève,

se rient du vent,

et tètent contre ton sein

le printemps éternel …

 

 

 

 

 

Ici le vent laisse infiniment de son coeur

à qui le suit, l’écoute,

sans lui faire peur …

 

 

 

 

 

Gens de boue, je vous regarde, portant sur vous les rides de la terre, je voyage dans votre histoire …

Et, comme si  je ne devais pas aller trop loin, le vent vous emporte à chaque fois au-delà de mon regard …

 

 

 

A cet instant, j’eus envie de pleurer   …

Ce fut fort,  intimement fort !

 

 

 

 

 

De retour, aux abords du logis, je repère, près des hortensias, une petite fenêtre que quelques fileuses de génie ont ornée de dentelles …

Sans doute une façon de nous dire « Ici sommeille la mélancolie en habit d’or-Gandhi » …

J’avais gardé la salle d’exposition pour la fin, comme on garde dans la poche une précieuse friandise  ou un caillou sacré !

Depuis deux semaines, une quinzaine d’artistes, écrivains, peintres, plasticiens, architectes, musiciens, sculpteurs, font résonner la Massonne de leur voix  …

En franchissant son seuil,  je ressens toute cette énergie humaine imprégnant encore les murs , bien que la salle soit relativement déserte en cette fin d’après-midi là.

Seuls deux artistes occupent les lieux, qui m’accueillent chaleureusement, dont « Jean-Michel Bénier » que je reconnais sans peine.

Jean-Michel est peintre, écrivain et propriétaire de cet endroit magique.

Artiste voyageur, il peint et écrit les montagnes, les océans …et tous les chants intérieurs qui émeuvent le vent !

 

 

 

Jean-Michel, je te présente « Noé », chat devenu également « veilleur de vent » !

 

 

 

 

J’étais venue fatiguée, sans désir ni pressentiment particuliers, et ce lieu me saisit toute entière, m’enveloppant dans le fruit d’or-haie de son âme …

 

 

 

En toute âme-hissée …

 

 

 

Tout présent offert est encore plus beau lorsqu’en le contemplant il perpétue la lignée de nos rêves d’enfant …

 

(Sabine)

 

A François et Marie

 

 

______________

 

 

« Gentils voleurs de reflets » qui ne seraient pas encore allés à la rencontre de mon « Pêcheur d’images », je vous invite à prolonger votre flânerie quelques pas plus bas, vers lui …

Car, quelque part, il vous ressemble !

La vidéo musicale que j’y évoque, superbe, de Ludovico Einaudi, vous pourrez la retrouver  ICI    et même la laisser en fond sur ma voix ….

 

 

 

Pêcheur d’images …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré une extinction de voix, je tenais à vous offrir ce petit enregistrement vocal. Afin d’éviter toute cacophonie, je vous invite à aller éteindre le lecteur du blog sur la colonne de droite à l’onglet « Caresses musicales ». Enfin, pour continuer à vous abreuver de mes jeux de mots, je vous propose d’écouter en lisant ….

 

 

Amarreur d’étoiles

au fer des mélancolies,

sous le hang-art de tes paupières

en bois de ETRE

naissent

des caresses d’anges

sur l’ivoire du ciel,

des océans de pétales,

des jungles d’ailes,

des jabots de brume

que soulèvent

des rumbas de pluie,

l’air et ses tambours …

Tes visions sont des arpèges

qui marient des histoires d’amour …

Sous les ramures de tes cils

refleurissent

les mots en lie de vain

tombés au fond du pressoir …

Ils chantent, je les murmure souvent,

la tendre chouannerie des poètes.

A l’orée des instincts

un silence animé savoure

ce mélange de grenades et de fraises

sur les lèvres du vent,

bouche bée rouge qui enchante

le grand verger des rêves

où la lumière vient boire,

célébrant les fruits du hasard …

Et les aveugles voient

ce qu’ils n’écoutaient plus

« le souffle de la vie »

et les marcheurs s’émerveillent

de ce qu’ils sont devenus

« enfants de l’infini »

 

Sabine

 

 

Autre invitation, autre image : une fois votre flânerie terminée, je vous convie à aller rallumer le lecteur du blog … Un voyage exceptionnel vous y attend, en « son » et surtout « image » par le biais de la vidéo « superbe » !

Et je tenais également à vous faire partager, pour l’heure,  un dernier bonheur : la cagnotte récoltée pour mes soixante printemps me permet de réaliser un voeu, celui d’aller voir en concert ce phénoménal  « Ludovico Einaudi », présent à chacun de mes souffles d’inspiration.  Ce sera en décembre et à Milan !  

Je me réserve l’intense plaisir de vous en reparler …

 

 

 

 

Home-âge …(Lettre à un ancêtre et son petit )

 

Du préau, je vis resplendir une montagne étoilée de naines rouges …

Mes pas, secoués à la fois par mon impatience et leur fragilité de l’instant, cahotèrent vers elle, à la rencontre d’un spectacle des plus attendrissants !

 

Oh, mon beau, mon sublime vieillard, où as-tu trouvé la force, le génie, de faire pousser sur tes ailes autant de fruits, me suis-je dit en te contemplant, émue !

 

Une romance passa …

« J’aimerais toujours le tant des cerises … »

Ah ce fringant bonheur

de laisser venir le corbeau,

pour le simple plaisir

d’entendre ensuite

la révolte douce

de son chant d’amour,

en quittant ta demeure !

Goethe disait « Ce sont les enfants et les oiseaux qu’il faut interroger sur le goût des cerises et des fraises … »

 

Si rarissimes furent les instants où je suis venue t’enserrer de mes bras,  par crainte d’étouffer l’orbe de violettes sacrées qui respire à tes pieds …

Mais hier, je le fis, pour te remercier, ma joue contre ton coeur, mon ventre contre le tien !

 

Il me semblait lire sur ton visage ces mots :

« J’ai atteint l’apogée des possibles,  afin de vous offrir le meilleur de moi-même,  faisant perler sur mon front toutes les sueurs des saisons … »

 

Et tes racines se sont mises à filer dans mes veines !

 

 

 

 

 

Quelques jours plus tard,

du préau je vis

une paroi de la montagne joncher le sol …

 

Une hache invisible était venue te fendre en deux !

Et te voici, le temps d’un cri, épluché à demi de ta substance …

Que t’aura-t-elle laissé ? Le yin ou bien le yang, l’ombreux grimoire ou le conte merveilleux ?

 

J’entends, moi, ton rire sous chaque fruit,

et sur tes lèvres

la fulgurance de ton sourire

ressemble, en personne, au soleil momifié !

 

 

 

 

 

Le végétal et l’animal sont  liés par un pacte du coeur …

Et notre « Cannelle » pleure,

comme elle a toujours pleuré la dépouille des arbres !

 

 

 

 

 

Saurons-nous te soigner ?

Où trouver cette béquille invincible qui portera ton âge, les colères du vent et nos défaillances aussi ?

La poignée de cendres de notre ange, déposée au couchant, désormais n’aura plus d’abri !

 

Hôtes éperdus,

nous venions sous ton feuillage

manger la chair de ta sagesse

et boire tes ivresses,

le vin doux

de tous les extrêmes du jour …

Dans le chamois de ton écorce,

tu as enveloppé nos maux,

et nous puisions toutes les réponses

dans l’arôme de ton souffle …

 

Mais l’espoir d’un renouveau enterre toute amertume …

Tout vit encore,  j’en suis sûre, sur ta rambarde frêle,

les mains du printemps me l’ont dit !

Par toi et avec toi,

nous continuerons à fêter l’hanami,

et ta fleur parfumera encore 

le thé de mes vallées imaginaires

à chacun de tes mariages avec le ciel ….

Car un autre petit être,

à tes côtés,

est venu naître,

généreuse magie du destin !

 

 

 

 

 

Lointain petit-fils 

d’une lignée infinie, 

si le temps sait écouter ta complainte d’enfant,

et il l’écoutera,

tu pourras venir entourer de ton talent

 l’épaule de ton ancêtre,

digne mais meurtrie …

En elle alors

tu hériteras,

confiant et grandi,

de l’âme prestigieuse des samouraïs !

 

(Sabine)

A notre arbre à paroles !

 

 

 

Nous avions rendez-vous ….

 

La lune était encore là,

attendant, fébrile, le soleil ….

Ce matin-ci

ne pouvait être que pour toi !

Et nous nous complaisions secrètement

lui et moi

lui vers toi

de ce moment volé à un impossible amour …

 

( A peine murmurée,

au loin,

cette histoire te séduit déjà … )

 

Sous le blond fou 

de leur étreinte imaginaire

et la beauté presque indécente

coulant de chaque éclat,

se reconnaissait le sang clair de leurs ébats

à travers les troncs,

le fil-amant des herbes

et leurs soyeuses pagodes …

Ils avaient tous ce petit rien

d’enfants naturels

nés une nuit d’aurore,

ils devenaient ce matin

de chair astrale …

 

 

 

 

 

« Raconte-moi encore , maman,

raconte-moi encore les histoires,

de cet ordinaire différent

qui nous ressemble tant ! « 

 

(Ecoute mon ange,

      je tourne la page ….)

 

Sceau du printemps sur l’air,

une encre mauve dégringole, 

étrange glisse-in,

imprime de splendeur le vent,

emportant avec elle

des larmes d’estampe chinoise

incisée à l’épine d’acanthe …

 

 

 

 

 

Sous l’arbre du « fil du tant »

nous avions rendez-vous,

et je suis en retard …

Un vide passager a englué mes pas !

Je ne marche plus,

ne prie plus autant

mais je crois toujours en ce que j’écris,

je le puise jusqu’aux entrailles …

 

 

 

 

 

Tu me prêtes ton chapeau …

je le porterai sur mes chemins !

« Sous ses perles, tu y trouveras des mots,

me chantes-tu alors,

pour continuer l’histoire …. »

 

 

 

 

 

(et j’écrivis NOTRE histoire ……)

 

Char-être, tirée par ta main,

vole sur la poussière

dans un bruit de cymbale …

Des étoiles s’endorment sur son bois,

des oiseaux jouent sur les barreaux,

poètes et peintres ont pris place …

 

Je navigue sur ce grand lac de terre

avec tes bras comme sampan,

il ressemble un peu, ne trouves-tu pas,

au paysage du Yunnan …

Il est bon d’imaginer ce soir la pluie

y sculptant ses rides en immenses dunes

lorsque tout s’abandonne

et que le sable laisse tomber son turban

de sa longue chevelure safran …

 

Nous passerons la nuit à la cime des arbres,

à l’heure où les rêves souterrains

émergent de la plaine …

Nous embrasserons la lune

et lui donnerons nos cueillettes

en guise de pain de fête  …

Dans les petits abris frais de nos mystères

nous irons faire sécher les fruits de nos mots

et regarderons muer tous les vers à soi …

 

Au retour

je démêlerai les filets de nos fous-rires

et en nourrirai notre misère …

 

 

 

 

 

Le tant m’offre une plume,

elle est sublime, je ne la prends pas,

car c’est bien toi

et uniquement toi

l’auteur de notre histoire !

 

 

 

 

 

Dans le rouge levant de ce calice

où affleurent

toutes les aubes de ton regard,

où mon âme vient boire,

les mers parlent de ciels inattendus,

sertis de coquelicots …

Mais les saisons dans mon corps

dansent tout de blanc vêtues,

sur des notes de bawoo

parfumées à l’ange-hélice …

 

 

 

 

 

Le sable nous a laissé son turban,

unissant la mère à l’enfant,

et, autour de buissons ardents,

tes pensées aux miennes …

 

 

 

 

 

(et le piano ne cessera de déferler sur nos pages …)

 

Les oiseaux joueurs sont partis …

Je les suis tout là-bas

vers le magnifique cortège einaudien,

violon scelle,

bande origine-âme,

des caravanes de nuages en fleurs,

où tes errances n’ont plus peur,

où nos silences n’ont plus froid …

 

(maman)

 

 A mon ange et fils, né deux fois, un 23 avril sur terre et un 23 octobre dans le ciel.

A chacune de ces dates,  nous nous offrons « notre » page sur le grand livre du tant …

Cette année, je suis en retard  (Pardon Yoann !)

 

 

 

Il y a toujours un après ….

 

 

 

Une à une,

 j’attrape ce matin les couleurs laissées par les griseries du silence …

Je les pose sur ma feuille à dessein « C » de Chanson,

repeignant les rires et les visages qui me sont si chers !

 

Combien ce jour fut beau, qui célébra mes soixante printemps ….

 

Amis de la toile et du vent,

et ma petite tribu de châle-heure et de sang,

je n’oublierai jamais

votre immense grâce à me rendre heureuse ce jour-là !

 

Merci

MER-CIL

pour tout ce qui jaillit de vous,

de plaisir, de tendresse et d’art …

 

Je vous remercie TOUS

présences toutes proches ou lointaines,

vos auras

si aimantes, si légères,

étaient bien là !

 

Une par une,

un par un,

je viendrai de mon affection

rendre hommage

aux intentions et présents

qui me furent offerts,

dans leur robe de Cendrillon !

 

« Ecoute le silence …

Il est toujours entouré d’une foule en émoi  « 

 

(Sabine)

 

 

Retrouvailles ….

 

Tu m’as attrapé le bras pour une valse lente,

mon beau daya que j’hume, bleu ,

valse brune des braises,

spirales à mille tant, 

nos rêves d’enfant sont des fagots

que seule notre folie allume,

dont seul l’air s’éprend !

  

 

 

 

 

Sur nos langues de poètes

toutes les saveurs s’embryonnent,

piquantes, sucrées, à mer …

 

 

 

 

 

Par dessus mon épaule,

ton crâne 

enroulé de lianes et de peurs,

se lisse dans un souffle de fleur

 

 

 

 

 

Oh sans éther,

tes larmes de résine claire,

bruine chaude d’hiver,

à force de croire,

de les boire,

j’ai atteint un idyllique cap vert …

 

 

 

 

 

Les herbes fredonnent,

pendant que leur mère, lumière,

coiffe leurs longs cheveux de soie …

 

 

 

 

 

Bois de tabou

bois d’hagard

la blessure de ton regard

exhale des maux doux …

 

 

 

 

 

Une balançoire pour nos délires d’ailes !

Savait-il que je viendrais ?

Salivais-tu, 

mon ruisseau fils

mon ruisseau frère

enfant de ma plume en chair,

à l’idée de ma venue … ?

 

 

 

 

 

Des secrets de l’ombre

d’étranges rimes ont volé en éclats …

Des oisillons viendront s’y coucher

cette nuit

sur leur peau angora … 

 

 

 

 

 

Dans l’eau,

naissent de nos audaces mêlées

des arbres en fleurs …

 

 

 

 

 

Les lèvres gravées de mûres d’émoi,

j’ai trempé mes mains dans l’encre du soleil,

un rapace au loin récitait le printemps …

 

 

 

 

 

Mystérieuse boule de Cristal,

que me prédiras-tu ?

Ce soir,

Je serai la pâquerette remerciant le ciel

de demeurer toujours en vie,

je louerai les chemins

pour leurs pieds attendris !

 

 

 

 

 

Sur ton cœur nu

mon cil, en fibre de papillon,

ma bouche,  timide graine d’ivresse …

 

 

 

 

 

Sur un vieux gréement,

j’ai pris la route des roms,

cueillant toute fantaisie de passage,

sans distinction de couleur …

Sur un navire

marchand d’étoiles,

je sillonne en rêvant

l’incroyable globe de tes yeux … 

 

 

 

 

 

Et je te surprends

discrète danseuse tribale …

De ton talent, sa dérision,

de ton spectacle muet,

tu as ému mon ruisseau !

 

 

 

 

 

Nos errances auront bâti ce pont,

de la terre crue de mes pas

et de la chaux vive de tes offrandes …

  

 

 

 

 

Comme une marche solennelle

vers ton miroir,

tous les matins du monde,

tous les arts de penser et de rire,

les vapeurs d’acacias et de myrrhe

les perchis dorés, les sables roses de ton « il »

et les gestes de la lune qui,

sur ton flanc, patine, 

par trop de beauté

se noient !

 

 

 

 

 

A chaque saison, là-bas,

le temps tresse une chrysalide nouvelle …

De ses parois de dentelle

iront s’envoler

des petits-ducs chantants …(Pour Louÿs)

  

 

 

 

 

Sous le tam tam effréné du pic vert,

des robes tournoient,

j’aime le jaune de leur bazin …

Le sol,

à les regarder,

en a les joues rouges vin ! 

 

 

 

 

 

La poésie torturée du ciel

coule de l’écorce à  corps ouvert …

Baiser des nuages vers les cendres

ou de l’arbre vers les anges,

un jour

les pierres leur offriront une chaumière !

 

 

 

A mon ruisseau, 

et au printemps !

 

(Sabine)

 

 

Il est né le terrible enfant …..!

 

 

 

Avant de pouvoir m’abreuver du lait de ses pages, j’en ai emprunté des montagnes escarpées, à m’en ôter le souffle,  mais il est enfin là  et je ne le remercierai jamais assez de toutes ces épreuves car il avait un vrai message à me transmettre avant sa parution, quelques herbes rares à glisser dans la paume de mes chemins : la patience et la confiance, dans le sens le plus infini et le plus noble du terme !

Il est enfin là, oui, j’ose à peine y croire …!

Je vous laisse imaginer l’émotion hors norme que j’éprouve en ce moment précis où je vous l’annonce …

 

Et, depuis, j’en ai posé en rêve des baisers sur ses branches, encore et encore, et il me répond de son rire cristallin « Tout arrive en son TANT, ignorante pèlerine !  » 

 

Avant de clore ce chant d’amour, je tiens à remercier du plus fort de mon âme deux êtres exceptionnels, ils se reconnaîtront, sans qui ce livre ne serait peut-être pas encore là !

 

Pour le découvrir un peu mieux et éventuellement vous le procurer, je vous invite à vous diriger  ICI  où il vous attend sous l’ombre-aile, enveloppé de foule-art !

 

A très bientôt.

 

Pour toutes celles et ceux qui n’habiteraient pas loin de ma chaumière (en Charente Maritime), je vous convie ce dimanche 19 février à une séance de dédicaces autour de gourmandises et de chants d’oiseaux .

(Je vous communiquerai mon adresse par le biais du mail)

 

 

 

 

Entre deux pages …

 

Mon livre, toujours lui, encore luit, me fait retrousser les manches jusqu’au ciel …!

Cette ère d’absence n’en est pas une, bien au contraire, elle me rapproche même un peu plus de vous chaque jour, mettant toute mon ardeur à défendre tout ce que vous aimez cueillir sur mes pages …

 

Et puis …

 

N’était-ce pas à travers le souffle de l’absence que se mesurent toute la richesse et la beauté d’une présence …Merci, MERCI à vous !

Que votre année et toutes les autres soient toujours parsemées de merveilles, petites ou grandes, qu’importe !

Je vous souhaite ce « si peu de choses », des matins valsant doux, des soirs apaisants au parfum de roses …Tout ce qui fera naître en vous, vers vous, en vert et contre tout, un jarre-daim d’exception !

Je vous l’avais promis, voici quelques instants captés au vol de ma « petite » expo, réalisée dans le « petit » salon de thé créatif de Magali, à Champagne …

J’aime ce mot « petit » lorsqu’il devient le gardien de grandes émotions !!!

« Roule ma poule », c’est ainsi qu’il se nomme, un lieu propice aux rencontres inattendues, aux confidences aussi, à l’amitié dans ce qu’elle a de plus essentiel et inventif …Un rien de bien-être nomade règne entre ces murs !

 

Allez, je vous invite …

 

Venez vous poser sur un coin de comptoir.  Magali vous servira un thé aux saveurs lointaines, accompagné de la traditionnelle fraise Tagada, et vous plongerez dans un ailleurs, où hier sait encore séduire demain, sur un divin p’tit air de New Orleans …

 

 

 

 

Et si on passait derrière, découvrir ces vingt et une photos !

Découvrir ou explorer ? Entre deux tabliers d’écoliers, près d’un vieux sucrier, sur le laqué crème d’un buffet ou les lattes zen d’une caisse en bois  …

 

 

 

 

 

 

 

Je réserve un sourire tout particulier, gorgé d’amour, à mes deux filles  …!

L’une, Lola, pour s’être autant investie dans cette expo. Je lui dois en effet le découpage des supports et le collage,  la présentation des textes, et la disposition de l’ensemble …

L’autre, Gwen, pour l’épatante série de portraits, qu’elle réalisa à la hâte pour les besoins de mon livre, dénichant au passage dans le plus complet désert artistique un incroyable arbre-labyrinthe où pouvoir me photographier, aussi inspirant que le fut cette talentueuse « portraitiste en herbe » inspirée !

(vous en avez un échantillon sur ce blog, en « Post Scriptum »)

Et j’adresse enfin un merci, quelque peu ému, à Michel, ancien formateur bénévole de la Bibliothèque Sonore de la Rochelle, pour sa si chaleureuse présence tout au long de l’après-midi !

 

 

Joie-rieuse année

et VIVE VOUS …

Enfants, lecteurs, amis, artistes improvisés, poètes attachants ou passants généreux ,

Vous

si belle terre d’accueil inédite !

 

 

Rencontres en vagues d’oh …

 

 

 

Dans l’archère d’une pénombre,

je suis venue chuchoter des couleurs,

des bribes de rose, 

des gris pluie,

des bleus doux,

la mer dans son blanc d’oeil,

et la fuite des mares-en-cage

vers des chutes d’oh sans retour …

 

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Tout près,

j’ai trouvé à mes pieds,

des rimes et des rêves …

Quelqu’un était déjà passé

avec la même prière,

j’ai pris son calumet !

 

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Il devait être conteur

ou d’une étoile l’écuyer,

car depuis je suis devenue

 folle d’ailes !

 

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Seule ou dans la nuée

j’avais souvent si peur,

sol-éther

mule-titube,

avant de savoir voler

en emportant la terre …

Mon repaire désormais

est là où le i de vivre

vient chercher son point

d’oh !

 

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J’y découvre

chaque jour en vers

l’endroit poète,

son accent vert,

où l’envers

reprend enfin ses droits !

 

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Au retour,

j’ai posé une quête

sur les rebords d’un toi …

 

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Sous l’oeil concerné

d’une apparente pauvresse

dont les mots philanthropes

dans mon coeur

 

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ont fait toit !

 

 

(Sabine)

 

 

 

 

 

Post-Scriptum

 

 

 Je marche et j'écris pour "Aimer"...Chacun de mes pas, chacun de mes mots me faisant tout à la fois renaître et ouvrir les bras ! La photo est aussi ma plus fidèle compagne...Elle est ma balise sur les sentes de l'émotion et du temps, le repaire occulte de ma poésie.

 

 

 

papi sabine

Cil-anse ....il dort !

 

Emue par…

 

Le voyage...

celui qui démunit autant qu'il enrichit,

qui détourne la pluie en rires

et fait de notre coeur

le plus fervent des poètes

sans même composer de mots !

 

Sabine

ou SAB-Lyse.

 

A la mare-aile ….

 

Viens avec tes mots-fleurs

tes mots-coccinelles ...

 

Je t'invite

à la craie maille-air

de ma maison au TOI d'or

y vivre d'amour 

et d'OH  frais,

raison à l'envers

folie à l'endroit !

(Sabine)

Pour me suivre pas à pas

Ecoute

coeur Sabine

 

A-t-on appris à nos silences à devenir magiciens,

à faire crépiter des flammes dans l'antre de nos ciels gris

ou faire couler,  entre les pierres de nos coeurs en ruines, des rivières enchantées ?

Non, bien sûr que non !

Cette magie est en nous ...  (Sabine)

 

Mille et une fontaines pour demain !

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A propos de mes créations

 

Chaque photo, écrit et citation (sauf là où figurera le nom de l'auteur) de cet espace sont "la sève de mon inspiration" ! Aucune de mes créations (surtout valable pour mes photos) ne porte ma signature car j'aime vivre en confiance. Si vous souhaitez en emprunter, pourquoi pas ? L'émotion est à tout le monde ! Faites-le moi juste savoir et pensez toujours à relier votre désir assouvi à un lien vers mon blog ...MERCI !       Sabine.

 

Mon premier livre

  

  P1060170 (Copier)

 

Le tourbillon de mes pensées venues se poser comme feuilles au vent, sur 160 pages illustrées de mes photos couleur.   

 

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communaute les passeurs de mots

caresses musicales

Mes livres d’images

 

Je commente le plus souvent chaque photo de mes diaporamas, afin de faire réellement vivre le voyage dans sa chair et l'authenticité de son histoire ...BON VOYAGE !  

 

Compostelle

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Compostelle

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Vagabondage

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Notre voyage solidaire

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Rencontre avec les Vautours

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Le chemin de Stevenson

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Compostelle : de Cluny au Puy

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Autour de Crazannes

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Compostelle alsacien

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Camino del norte

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Protégeons-la !